L’Hérodiade croquée
février 2, 2010
Souvent critiquée par les journalistes de l’époque, cette femme au regard dur est le symbole fort de la campagne de communication que nous menons autour de la réouverture du musée. Femme moderne aux rondeurs généreuses, témoin d’une époque révolue mais ayant tout de même un pied ferme dans le XXIè siècle vu la composition de l’œuvre, l’Hérodiade que nous exposons au musée national Jean-Jacques Henner est un travail préparatoire à l’œuvre finale, malheureusement disparue.
Nous sommes cependant allés à sa recherche dans la revue de presse de l’époque pour retrouver une gravure de l’œuvre finale et ainsi constater à quel point le regard de la jeune femme a pu être adouci, sa rage et sa vengeance amoindries.
Parcourez les critiques de l’époque avec cette sélection de coupures de journaux dévoilant les caricatures de l’Hérodiade :
Un changement sur l’Andromède
novembre 30, 2009
« Je fais un changement à mon Andromède. Pendant mon séjour à la campagne, j’ai relu Ovide. Persée vit de loin sur les rochers uen forme blanche; il la prit d’abord pour une statue ; mais, en s’approchant, il aperçut des cheveux agités par le vent, et en conclut que c’était une personne vivante; en arrivant encore plus près, il vit des larmes ruisselant le long de ses joues et de son corps. On ne peut pas tout emprunter à un poète, les larmes seraient ridicules en peinture. Mais, à l’aide de ce récit, j’ai fait une petite esquisse avec les cheveux flottant au vent : il me semble que c’est mieux. »
Jean-Jacques Henner, 11 octobre 1879
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Andromède, peinture à l’huile, 3,13 x 1,72 m
tableau actuellement disparu
Quand une femme s’endort…
octobre 24, 2009
Mon modèle s’était endormi pendant un repos. Elle avait chaud, et une rougeur délicate envahissait le bas de sa joue. C’était si joli, que je pris tout doucement une petite toile, et que je me suis mis à la peindre. En une demi-heure toute la figure était modelée. C’est plus poussé que ce que je fais ordinairement. On sent que la lumière tombe à plat sur le dessous du menton, et qu’elle glisse le long de la joue. Cette tête dort bien, n’est ce pas ? Je lui ai laissé la bouche ouverte, comme je l’avais devant les yeux. Le trou noir de la bouche et le dessous de la lèvre supérieure, éclairé en plein, m’ont paru drôles.
Jean-Jacques Henner, 19 mars 1879
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Le Sommeil par Jean-Jacques Henner
© musée national Jean-Jacques Henner
La palette de Jean-Jacques Henner
octobre 11, 2009
Lors d’une visite dans l’atelier de Jean-Jacques Henner, Émile Durand-Gréville a noté ses impressions à la vue de la palette de l’artiste.
« J’ai regardé la palette d’Henner. Avait-elle servi à un portrait ou à une figure ? Je n’en sais rien. En tout cas, elle ne contenait que les couleurs suivantes : blanc, ocre, jaune, vermillon et bitume. »
24 octobre 1879 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Rentrez maintenant dans l’intimité de Jean-Jacques Henner l’artiste et découvrez sa palette telle qu’il l’a laissé en 1905.
© musée national Jean-Jacques Henner
La femme du pompier
octobre 5, 2009
Comme toujours, la presse de l’époque n’épargnait aucune nouvelle œuvre de Jean-Jacques Henner, ou de quiconque soit dit en passant… Leurs sujets de moquerie fétiches restant la rousseur des modèles et la blancheur de leur peau, voici donc un bel exemple de ce sens de l’humour piquant typique de la fin du XIXe siècle..
La caricature a été publiée dans le « Journal Amusant » le 12 février 1887.
La caricature et l’œuvre originale « Nymphe couchée » (Paris, musée du Petit-Palais © RMN / Agence Bulloz) :
La Liseuse croquée
septembre 18, 2009
Ridicules, déplaisantes, déconcertantes ou amusantes, les caricatures du XIXe siècle sont le meilleur moyen de critiquer une personnalité et surtout d’en parler. Outre les fameuses caricatures de Daumier, les plus connues du grand public actuellement, ou de Plantu pour parler contemporain, ces dessins humoristiques existent depuis bien plus longtemps que le siècle dernier. L’antiquité fût la première victime de cet humour satirique et décalé qui nous fait tant rire…Grotesques, dessins, les mots ont changés mais l’humour reste toujours égal à lui-même..
Jean-Jacques Henner, cet alsacien au fort accent qui a eu cette manie de peindre des femmes voluptueuses tout au long de sa vie, fût le sujet d’un nombre incalculable de caricatures..Lui ou ses oeuvres, tous les sujets sont bons pour les meilleurs journalistes satiriques..Cet article est le début d’une longue série de publication des meilleurs dessins de l’époque..
Commençons avec la caricature d’une des oeuvres les plus connu aujourd’hui : La femme qui lit, dite la Liseuse (musée d’Orsay) :
© musée national Jean-Jacques Henner
L’Andromède
septembre 7, 2009
« Je suis assez content de l’arrangement. Les cheveux, épais comme un vêtement, se détachent en sombre sur le ciel, ce qui n’est pas banal. Le rocher sera noir, très noir. Je cherche ma couleur pour faire les creux sombres du rocher. Il faut que ce soit noir, tout à fait noir. L’année dernière au Tréport, j’ai vu un rocher comme cela; il était vert bouteille, d’un ton intense extraordinaire. J’ai observé cela dans les rochers mouillés que l’eau recouvre tous les jours : ils sont d’un superbe ton noir. »
Jean-Jacques Henner, 25 février 1879
A propos de son Andromède – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner. notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
© Musée national JJ Henner / RMN







