Henner portraitiste… Sa mère
juillet 18, 2011
Ces deux portraits réalisés par Jean-Jacques Henner, à cinq ans d’intervalle, témoignent du vieillissement de sa mère et nous montrent qu’Henner a été choqué par cette évolution. Cela parait d’autant plus flagrant que le portrait de 1856 est le dernier que le peintre aura l’occasion de faire de sa mère, qui décède l’année suivante.
« Il la présente en buste et de profil dans le costume marron et noir dans lequel il l’a toujours peinte. Sur papier et de petites dimensions, il se rapproche, par son réalisme, des deux portraits d’après sa sœur malade et sa mère morte : ce sont surtout les traits vieillis de sa mère qui ont frappé le peintre : le profil est marqué et les cheveux raides et gris, peu soignés, s’échappent du bonnet. Un cerne profond marque le dessous de l’œil et les joues sont tombantes ; le menton est retenu par le cordon qui maintient le bonnet. La rougeur qui colorait autrefois ses joues dans le portrait de 1851 a disparu : le teint est devenu gris et le regard absent ».
(Extraits de Jean-Jacques Henner, La jeunesse d’un peintre, de 1847 à 1864, Musée des Beaux-arts de Mulhouse, Éditions du Rhin).
Henner, agacé par les enfants ?
juillet 15, 2011
…Il y a un petit enfant tout nu, couché à côté de sa mère qui le regarde. C’est épouvantable de faire un petit enfant : il ne tient pas une demi-minute… », écrivait Henner à son maître Goutzwiller le 23 décembre1862 depuis Rome.
Puis une autre lettre datant du 26 mai 1863 suivit au sujet du même tableau :
…Vous savez que mon tableau de cette année, qui est à peu près terminé maintenant, et qui a un succès bien autre que celui de l’année dernière, représente un petit enfant de trois ans, complètement nu, couché sur un pauvre petit lit, se réveillant et appelant sa mère endormie à côté de lui… .
Ce secret d’œuvre illustre la pratique quasiment systématique de Henner à faire marche arrière et à modifier les détails de sa composition au fur et à mesure de son avancement.
Jean-Jacques Henner I, La jeunesse d’un peintre, de 1847 à 1864, Musée des Beaux-arts de Mulhouse, Editions du Rhin (p. 88)
La couleur prime…
juin 15, 2011
« La couleur est au moins la moitié de la peinture. Depuis quelques temps, je m’intéresse aux vitraux des églises de Paris. Les plus beaux de ton sont antérieures à la Renaissance. Quelques-uns sont extraordinaires. Un vitrail de Saint-Gervais représente une sainte toute nue, entourée de bêtes féroces, et que des gens regardent. J’ignore quel est en le sujet, mais, comme couleur de chair, le corps de la sainte est d’une beauté inimaginable.[...] Les gens de cette époque ne se doutaient pas qu’ils étaient des coloristes, ils traduisaient leurs impressions, tout bonnement. »
(A propos d’un vitrail de Saint-Gervais., Entretiens de Jean-Jacques Henner et Emile Durand-Gréville, 16 novembre 1880)
A propos des cheveux de la Biblis
septembre 21, 2010
Voici un extrait des Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville datant du 25 novembre 1886 où Henner raconte pourquoi il a voulu détacher les cheveux de sa Biblis.
« Henner nous a montré une ancienne étude qu’il venait de « finir en dix minutes ». Nous avons reconnu sa Biblis du musée de Dijon.
- « Oui, a-t-il dit, c’est la même pose, mais avec de légères différences. Le paysage de ma Biblis était trop détaillé; j’y avais mis de petites herbes. Et puis, ici, le bras est un peu caché par les cheveux défaits, tandis que ma Biblis a un chignon, ce qui est une faute…
Une pauvre fille qui meurt de douleur doit s’être arraché un peu les cheveux… »
Bliblis changée en Source, 1867, musée des beaux-arts de Dijon
La Tête de femme au voile rouge
juin 10, 2010
Tête de femme au voile rouge, vers 1885
« Henner nous a montré l’esquisse d’une tête d’après une jeune fille qui veut se faire modèle. […] Le figure d’un type curieux, presque oriental : teint mat, yeux noirs ou brun foncé, nez long et droit, terminé en boule, les lèvres charnues, une vraie tête d’Hérodiade. Henner l’a peinte de profil avec une cape rouge sous laquelle les cheveux se trouvent cachés. Le ton du visage est très pâle. J’ai félicité le maître. »
Découvrez actuellement, et jusqu’au 6 septembre l’oeuvre La Tête de femme au voile rouge exposée au musée national Jean-Jacques Henner dans le cadre de l’exposition Henner Dessinateur.
La Source
mars 14, 2010
3 mars 1881 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Découvrez le portrait de Dolly Tennant par Jean-Jacques Henner; grande muse et élève de Jean-Jacques Henner :
14 mars 1881 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
La Source, Jean-Jacques Henner
Les dessous des œuvres d’Henner
février 18, 2010
Partez à la recherche des supports d’œuvre les plus originaux au musée national Jean-Jacques Henner ! Impulsif et créatif, Henner avait cette manie de prendre ce qui lui passait sous la main pour déposer des coups de crayons ou créer un chef d’œuvre. C’est ainsi que vous pouvez découvrir au musée la représentation d’une Andromède tatouée… Il s’avère qu’Henner a peint son œuvre sur une boîte de cigares, la peinture laissant ressortir les caractères et dessins de la boîte par moment, lui dessinant ainsi un tatouage sur la cuisse gauche.
Passionné qu’il était, Henner n’hésitait pas à prendre ses propres œuvres comme supports d’étude, de croquis ou de peinture pour d’autres œuvres. Ainsi, ne vous étonnez pas si derrière une multitude de tableaux se trouvent d’autres chefs d’œuvre.
Découvrez une belle sélection de revers et dessous d’oeuvres sur le profil Flickr du musée national Jean-Jacques Henner :
Le tableau qui a inspiré la Madeleine
février 10, 2010
Jean-Jacques Henner, 7 février 1885
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Rubens, Pierre Paul (1577-1640), le Massacre des Innocents, entre 1635 et 1640.
L’Hérodiade croquée
février 2, 2010
Souvent critiquée par les journalistes de l’époque, cette femme au regard dur est le symbole fort de la campagne de communication que nous menons autour de la réouverture du musée. Femme moderne aux rondeurs généreuses, témoin d’une époque révolue mais ayant tout de même un pied ferme dans le XXIè siècle vu la composition de l’œuvre, l’Hérodiade que nous exposons au musée national Jean-Jacques Henner est un travail préparatoire à l’œuvre finale, malheureusement disparue.
Nous sommes cependant allés à sa recherche dans la revue de presse de l’époque pour retrouver une gravure de l’œuvre finale et ainsi constater à quel point le regard de la jeune femme a pu être adouci, sa rage et sa vengeance amoindries.
Parcourez les critiques de l’époque avec cette sélection de coupures de journaux dévoilant les caricatures de l’Hérodiade :
Un changement sur l’Andromède
novembre 30, 2009
« Je fais un changement à mon Andromède. Pendant mon séjour à la campagne, j’ai relu Ovide. Persée vit de loin sur les rochers uen forme blanche; il la prit d’abord pour une statue ; mais, en s’approchant, il aperçut des cheveux agités par le vent, et en conclut que c’était une personne vivante; en arrivant encore plus près, il vit des larmes ruisselant le long de ses joues et de son corps. On ne peut pas tout emprunter à un poète, les larmes seraient ridicules en peinture. Mais, à l’aide de ce récit, j’ai fait une petite esquisse avec les cheveux flottant au vent : il me semble que c’est mieux. »
Jean-Jacques Henner, 11 octobre 1879
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Andromède, peinture à l’huile, 3,13 x 1,72 m
tableau actuellement disparu










