Les chevelures d’Henner

juillet 12, 2011

Henner est inconditionnellement le maître des longues chevelures, souvent rousses. De longues chevelures à n’en plus finir, autant de portions de toile submergées par ses beaux roux. S’il affectionnait particulièrement ces femmes voluptueuses qui cependant ont ce je ne sais quoi de sauvage grâce à ce motif récurrent qu’est la longue chevelure, Henner a aussi aimé peindre des coiffures plus élaborées. Ce type de coiffure reste assez rare chez Henner, en voici donc une sélection.

Tête de femme

 

Eugénie-Marie Gadiffet-Caillard dite Germaine Dawis

Eugénie-Marie Gadiffet-Caillard dite Germaine Dawis

Madame Victor Lyon

Madame Victor Lyon

Portrait de femme

Portrait de femme

Portrait de femme

Portrait de femme

Tête de femme

Tête de femme

Si vous avez connaissance de peintures d’Henner représentant des femmes coiffées, n’hésitez pas à nous les soumettre : nous les ajouterons à cette sélection.

Leçon de coeur par Henner

juin 10, 2010

« On plait aux femmes par un mot, ou on leur déplaît pour toute la vie. C’est le premier mot prononcé qui décide de tout. »

Jean-Jacques Henner, 18 novembre 1884

4679873067_68f7791fb4_oLa Comtesse Kessler, Jean-Jacques Henner (vers 1886)

Les italiennes vues par Henner

mars 31, 2010

C’est en 1858 que Jean-Jacques Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec « Adam et Ève trouvant le corps d’Abel ». Les lauréats partaient séjourner cinq années à la Villa Médicis à Rome, voulant capter l’essence de l’Italie, Henner part alors pour un long voyage à travers les villes et les contrées où il y découvre les beautés de ce pays et ses habitants.

En janvier 1862, l’artiste écrit à son frère Grégoire :

  • « Comparativement à l’Italie, il me semble que les autres pays doivent être affreux, tristes et insignifiants, encore plus par les populations, que par le pays même. Ici, à Rome, on dirait que la nature s’est plu à réunir tout ce qui peut réjouir un artiste : la campagne, les montagnes, la végétation, le ciel, les habitants, les costumes, en un mot tout. »
  • On comprend vite en lisant ses correspondances, qu’il s’éprend des paysages italiens, mais aussi des italiennes.

    Dans la lettre de Henner à Grégoire Rome (12 mars 1859), il décrit ce qu’il voit et vit:

  • « En ce moment, je peins des costumes italiens et des paysages, car ils sont bien beaux dans ce pays-ci. [...] Nous avons tous ici de petits manteaux qu’on jette sur l’épaule, comme tous les Italiens en portent, même au milieu de l’été. [...] J’ai déjà plusieurs jolies études de femmes, c’est charmant, cette nature, tu n’en as aucune idée! et les femmes n’ont pas cet air effronté comme en France. Dans n’importe quelle tenue elles sont bien.»
  • Italiennes tricotant RMN F Raux@RMN/F Raux

    Journal de Henner, 19 juin 1860:

  • « [à Otricoli] J’ai essayé de faire un petit croquis à peine avais-je commencé que la jeune fille revient avec une de ses amies dépose son linge, et vient se mettre avec sa camarade juste à l’endroit intéressant à côté de la fontaine et elles se mettent à poser comme des modèles en me regardant; elle prenait même une pose assez gracieuse, du reste elle est si jolie, elle s’appuyait sur une grosse pierre et se tenait d’une manière non galante, c’était un vrai tableau à peindre »
  • Lettre de Henner à Mme Clavé, Rome, non datée [1860] :

  • « Santa Maria in Trastevere est toujours une de mes passions, je me suis fait mettre à la porte par un gros curé, parce que je dessinais des croquis pendant l’instruction des jeunes filles. Vous n’avez jamais rien vu comme cela, à peu très 200 trasteverines, belles avec des cheveux et des yeux il faut voir et elles vous regardent. Les plus grandes font l’instruction aux jeunes filles et les curés ne font que se promener. »
  • trastevere MNJJH@MNJJH

    Si vous souhaitez des informations supplémentaires sur le Grand Prix de Rome, je vous conseille de visiter ce site internet : http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/dap/afr/html/histor.htm Ainsi que le site de la Villa Médicis : http://www.villamedici.it/.

    jardin villa médicis RMN frank raux@RMN/F Raux

    Juana Romani en liseuse

    octobre 23, 2009

    « Très paresseuse pour poser quand elle [Juana Romani] n’est pas en train, et grande dévoreuse de livres. Un jour qu’Henner avait commencé une figure nue d’après elle, pendant un repos elle prit un livre, et s’obstina à lire au lieu de reprendre la pose. En vain le maître la rappelait à l’ordre ; alors elle levait légèrement la tête, regardait le peintre de ses grands yeux bruns, puis se remettait à lire ! « Ne bougez pas, » lui dit-il tout à coup à un moment où elle regardait ainsi de bas en haut, le front et les yeux à moitié plongés dans l’ombre portée par ses cheveux roux en désordre.
    5 juillet 1884 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

    Nous avons retrouvé une esquisse d’une liseuse dans les réserves du musée…Non datée et sans aucune indication concernant la modèle, cette esquisse pourrait cependant s’apparenter aisément au dessin décrit ci-dessus :

    Liseuse© musée national Jean-Jacques Henner

    Anecdote sur un modèle

    octobre 21, 2009

    En ce moment, Henner a plusieurs [modèles féminins] très intéressants : d’abord la femme rousse dont il a reproduit plusieurs fois la tête, profil distingué, un peu léonardesque, nez légèrement juif. Le second modèle de tête est une fille brune, au type espagnol, aux cheveux très noirs. Henner nous a montré une esquisse d’après elle; l’expression est vivante, passionnée, énergétique. La masse de cheveux et celle de la robe, très foncée, forment une tache superbe sur le fond bleu, relativement clair. - »Cette jeune fille, dit Henner, est bizarre; elle comprend admirablement la pose, et la garde avec un air sauvage. Quoique peu bavarde, elle m’a cependant confié son histoire. Elle s’est enfuie de chez elle avec son amant, puis, un beau jour, elle l’a quitté. Elle ne parle qu’entre les temps de pose; alors, au lieu d’aller s’assoie dans un fauteuil, elle se met par terre, à plat ventre comme une bête, devant la cheminée.
    Jean-Jacques Henner, 3 décembre 1881

    Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

    Judith_cmusée

    Judith, étude
    (C) RMN / Franck Raux
    musée national Jean-Jacques Henner

    Juana Romani

    octobre 13, 2009

    Aujourd’hui j’aimerais vous raconter l’histoire d’une rencontre touchante entre Henner et Juana Romani, un de ses modèles.

    « […] Ayant envie de connaître le maître et de poser pour lui, elle vint sonner à sa porte très souvent, pendant plusieurs années, dit-elle. Longtemps ce fut sans succès, car il faut sonner trois coups chez Henner pour avoir une chance d’être reçu. Enfin, soit par hasard, soit que Falguière l’eût annoncée, elle parvint à ses fins. C’est une femme peu instruite, mais très intelligente, développée par le milieu artistique dans lequel elle a vécu. D’après Henner, elle se connaît fort bien en peinture. « Mieux que beaucoup de peintres,  » ajoute-t-il. Elle se plaint amèrement de poser devant des artistes sans talent, qui « font des croûtes d’après elle ». Par contre, elle adore les grands artistes: - »Je voudrais rester tous les jours dans votre atelier, » répète-t-elle à Henner. »
    5 juillet 1884 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

    Juana Romani est une peintre italienne née en 1867 qui débuta comme modèle auprès un du sculpteur Falguière et des peintres Henner et Roybet, dont elle deviendra la maîtresse. Influencée dans son art par Henner et Regnault, elle expose régulièrement à la Société des Artistes français de 1888 à 1904.

    Admirez l’une des œuvres de Juana Romani qui a beaucoup du parler à Henner dont elle a été l’élève :La jeune femme rousse par Juana Romani :

    jeune femme rousse, juana romani
    Et pour finir, voici un portrait d’elle même envoyé à Henner avec une de ses lettres conservées dans la documentation du musée :

    juanaromani© musée national Jean-Jacques Henner

    La Diane Chasseresse de Falguière : une future modèle

    octobre 12, 2009

    Aujourd’hui j’aimerais vous faire découvrir l’intimité du bureau de Jean-Jacques Henner en vous dévoilant son encrier…Figurez-vous qu’il est décoré de la tête de la Diane Chasseresse d’Alexandre Falguière, un de ses meilleurs amis, dont Jean-Jacques Henner fait mention lors d’une des visites d’Émile Durand-Gréville dans son atelier :

    « Henner m’a montré une tête de face aux grands yeux, au teint blanc mat, aux cheveux d’un roux ardent (grandeur nature). Étude, ou plutôt fantaisie d’après une Italienne de dix-sept ans, très jolie, celle-là même qui a posé pour Falguière la Diane Chasseresse. Elle est devenue depuis un peintre de talent. C’est Melle Juana Romani. »

    5 juillet 1884 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

    DSC05178

    DSC05179

    © musée national Jean-Jacques Henner

    Italiennes ou parisiennes ?

    septembre 8, 2009

    Quand Jean-Jacques Henner compare les jeunes femmes italiennes aux parisiennes…

    « Les femmes ici sont généralement très belles, un peu lourdes; elles sont tranquilles et non pas bavardes comme en France. Elles n’ont pas le goût de la toilette, toutes sont en cheveux. [...] C’est malheureux que beau peuple soit si mal gouverné, il est vrai que s’il était bien gouverné il deviendrait comme les autres nations. Il s’occuperait d’industrie, perdrait tous ses préjugés, ces restes de l’antiquité qui ont tant de poésie; car ils ont encore toutes les habitudes antiques: on voit que la civilisation moderne n’a pas encore assez pénétré ici. Les femmes ont des bijoux longs comme la main aux oreilles: elles sont primitives comme de vraies paysannes: quelle différence avec ces rusées femmes de Paris.»

    (Lettre de Henner à Grégoire, Rome, 16 mai 1859)

    caillardÉtude pour le portrait de Mademoiselle Gadiffet-Caillard – Jean-Jacques Henner (musée des Beaux-Arts de Rennes) (c)RMN