L’Alsace. Elle Attend.
octobre 26, 2009
Après l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871, Henner opte pour la nationalité française tout en gardant ce lien fort et éternel inaltérable qu’il a crée avec l’Alsace, cette région où il retourne chaque année entre août et octobre.
« Son tableau le plus célèbre, L’Alsace. Elle attend, est une commande de dames de Thann, faite à l’initiative d’Eugénie Kestner, la femme d’un industriel de Thann dont la fille Céline épousera Auguste Scheurer-Kestner, célèbre défenseur du capitaine Dreyfus. Le tableau est offert à Léon Gambetta (1838-1882) qui le fait graver par Léopold Flameng pour en assurer une large diffusion. Gambetta est alors un des plus farouches opposants à l’abandon de l’Alsace-Lorraine au nouvel Empire allemand à la suite de la guerre de 1870. D’après Jules-Antoine Castagnary, Gambetta montrait à ses visiteurs le tableau en disant : « C’est ma fiancée ! » (Le Siècle, 31 juillet 1871.)»
Extrait du guide du visiteur du musée.
Lisez plutôt le commentaire de Jules-Antoine Castagnary qui décrit bien la force de ce tableau et son importance qu’il a eu pour Jean-Jacques Henner :
« Il était Alsacien. Il avait connu le pas lourd des armées piétiner la poitrine de son pays. Il avait ressenti, jusqu’à en être brisé, les effarements de l’invasion et les affres de la défaite […] C’est tout son cœur qui a parlé dans cette œuvre gracieuse et pure » (Le Siècle, 31 juillet 1871.)
© musée national Jean-Jacques Henner
Bernwiller, le pays de toutes ses inspirations
octobre 23, 2009
Pour mieux comprendre Jean-Jacques Henner, il faut connaître son pays d’origine, le paysage dans lequel ses premières impressions et émotions ont vues le jour.
Né en 1829 à Bernwiller dans le Sundgau, à quelques dizaines de kilomètres de Mulhouse, Jean-Jacques est le sixième et dernier enfant d’une famille de cultivateurs. Les paysages de sa chère région ont fortement marqué les fonds des œuvres de Jean-Jacques Henner, on dit même (c’est vrai, généralement entre août et octobre, c’est marqué dans ses agendas) qu’il partait dans sa région des mois durant pour se replonger dans la nature et créer des paysages dans lesquels il plaçait ensuite des nymphes ou des naïades, créatures qu’il n’a sûrement jamais croisées en Alsace !
Léonce Bénédite dans La Gazette des Beaux-Arts (1er janvier 1906) en parle :
« Cet amour du pays natal porte sa trace dans son œuvre. Car on ne se doute guère que les simples et grandioses paysages qui enveloppent ses bucoliques sont empruntés aux environs de Bernwiller. »

© musée national Jean-Jacques Henner
Henner un germanique au sang français
octobre 23, 2009
Voici un portrait bien réel et élogieux de Jean-Jacques Henner par l’écrivain René Ménard dans son livre L’Art en Alsace-Lorraine (Paris, 1876 p. 164) :
« Henner, avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son air à la fois bien portant et endormi, pourrait au premier abord passer pour un Allemand naturalisé ; mais, n’en doutez pas, il est bien et purement Français. S’il avait du sang germanique dans les veines, cela se trahirait dans ses œuvres. On le verrait évoquer les Titans et peupler ses toiles de symboles prétentieux qu’un gros volume suffirait à peine pour expliquer. Son talent, bien au contraire, sent la simplicité et la clarté d’un esprit qui observe la nature avec passion et la rend avec une distinction dont la peinture d’Outre-Rhin n’offre pas d’exemple. »
Émile Blémont dans L’Artiste ‘(Paris, 1882 Janvier, février, mars p. 7) rajoute même une phrase qui est restée dans les mémoires :
« C’est l’esprit gaulois avec la solidité germanique. […] Henner représente à souhait la Germanie pénétrée par la Gaule, la nature allemande aiguisée par le sens français. C’est Holbein naturalisé Parisien. »
Paris ; musée national Jean-Jacques Henner
© Andy Julia
Les cigognes d’Henner
septembre 18, 2009
Connue par tous, symbole de l’Alsace, le pays natal de Jean-Jacques Henner auquel il fut tant attaché tout au long de sa vie, la cigognes blanche est une espèce en voie de disparition aujourd’hui. Mais à l’époque, Jean-Jacques Henner passait volontiers des heures en leur compagnie à leur donner à manger. Leur silence royal faisait-il leur force et leur beauté aux yeux de Jean-Jacques Henner, à moins que ce ne soit leur rareté ou leur blancheur immaculée… Quoi qu’il en soit, voici une photographie de Jean-Jacques Henner bien accompagné.







