Sur le portrait de Durand-Gréville
décembre 28, 2011
« Je me suis occupé de la forme; il me semble que j’ai réussi. Le modelé, voilà l’important. Il m’arrive quelque fois de penser à autre chose, par exemple à l’éclat de la peinture; alors, je fais un peu vide ».
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Émile Durand-Gréville, 3 août 1883)
A propos des figures souriantes
novembre 18, 2011
« Je n’aime pas peindre les physionomies souriantes. Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère. Ingres représentait toujours des figures sévères, par exemple les deux Muses dans l’Apothéose d’Homère. Jules Laurens me disait qu’en les peignant, Ingres avait l’air de faire son propre portrait, et c’est vrai. Les anciens ont fait peu de figures souriantes. Je ne connais guère que la Joconde… ».
(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 10 octobre 1879)
Au sujet du mariage
octobre 13, 2011
« …Il faut croire que je n’étais pas fait pour le mariage, puisque je suis resté garçon. Cependant une fois je l’ai échappé de près…Des amis avaient arrangé cela…Mais je n’aurais pas aimé devoir ma fortune à une femme trop riche; il me semble que cela n’aurait pas été convenable et que j’aurais perdu ma dignité. Ensuite je ne vois pas comment, marié, j’aurais pu continuer la peinture. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 29 octobre 1889)
Sur l’Assomption de Prud’Hon
octobre 3, 2011
« C’est une commande. Ce tableau est tout à fait manqué. On ne dirait pas qu’il est de Prud’hon, tant il est mauvais. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 11 janvier 1880, au Louvre)
Sur l’Espagne
août 2, 2011
« Henner a fait un voyage en Espagne. Ses impressions sont très originales.[…] Les paysages espagnols l’ont frappés plus encore que les peintures. Les régions de la péninsule qu’il a traversées sont desséchées: « C’est un pays féroce, » dit-il, en appuyant sur l’adjectif pour lui donner encore plus de force. L’intérieur sombre des églises lui a fait une impression profonde; on pourrait dire qu’il a retrouvé dans leur clair-obscur, ponctué de points brillants – dorures d’autels ou flèches de grilles- le type même de ses tableaux, faits de clairs brillants et de fonds sombres. »
(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 21 juillet 1883)
Autour de sa palette et de l’esquisse
juillet 22, 2011
« Tout ce que j’ai fait jusqu’ici en peinture est lourd et terne, parce que j’employais du noir pour les chairs ; c’est une couleur que j’ai complètement bannie de ma palette. Je fais aussi plus harmonieux… […] Pour peindre les chairs, il faut éviter d’employer le noir, ainsi que toute espèce de couleur lourde et terreuse, employer en général aussi peu de noir que possible, indiquer l’ombre et la lumière d’une manière simple et harmonieuse. Dans une esquisse, surtout ne pas mettre de petites choses dures, ne pas faire des ombres trop tranchées, éviter de faire des lumières blanches et farineuses. Faire tout ce qui est chair, une gamme légère. Ne pas mettre des couleurs pures qui donnent toujours de la crudité. Tâcher que l’aspect de l’ensemble soit d’une gamme à peu près égale et harmonieuse ; en un mot, éviter autant que possible les duretés».
(Pierre Alexis Meunier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)
L’histoire du tableau « La Mort de Saphira, femme d’Ananie »…
juin 12, 2011
Aujourd’hui, évoquons un tableau assez particulier. Ce tableau d’Henner doit certainement surprendre l’œil des amateurs du peintre des rousses : il s’agit d’une composition qui montre beaucoup de mouvement et un dialogue entre chacune des figures représentées. Cette composition contraste avec les figures isolées, voire esseulées dépeintes par l’artiste dans la grande majorité de ses œuvres. Et pour cause…
La Mort de Saphira est le sujet du premier essai pour le concours du Grand prix de 1855. Vingt candidats avaient été choisis et Henner, dixième, avait pu exécuter l’esquisse demandée. Il ne fut pas admis pour le sujet définitif. Henner en parla à son maître. Voici un extrait de la lettre qu’il lui adressa entre le 21 avril et le 6 mai 1855 :
« J’ai fait le concours ; j’ai fait une bonne composition, mais faible d’exécution, et c’est tout. Le sujet était : « La mort de Saphira, femme d’Ananie devant Saint Pierre ». J’aurais à recommencer, je ne saurais le faire autrement […] Cela ne me fait rien d’être refusé ; j’ai fait selon mon sentiment et je suis content. Presque toutes les autres esquisses se ressemblent comme vêture et comme arrangement : on les dirait faites sur le même moule : Eh bien ! Je ne voudrais pas les avoir faites, la mienne parait originale, parce qu’elle est simple ; c’était exposé hier. M. Flandrin, un grand peintre est allé les voir avec M. Laurens ; il a été très content de ma composition ».
Jean-Jacques Henner I, La jeunesse d’un peintre, de 1847 à 1864, Musée des Beaux-arts de Mulhouse, Éditions du Rhin, page 38.
Quand Henner rencontre Ingres
décembre 2, 2009
« C’était à l’École Il y paraissait très rarement; aussi sa venue était-elle un évènement Quand il parut, tout le monde retint sa respiration et regarda de tous ses yeux: c’était comme si un empereur était entré. Je le vois encore, ce petit homme trapu, vêtu d’une redingote qui lui tombait jusqu’aux pieds. Tout d’un coup, il tendait les deux bras vers le modèle [...]; il avait l’air d’un prêtre qui officie. – « Oh! s’écria-t-il, regardez ce deltoïde ! Regardez comme c’est beau! ». Puis, il se mit à corriger les dessins des élèves. Il commença par l’autre bout; à mesure qu’il approchait de ma place, je me sentais trembler. Enfin, il arriva derrière moi; [...] je n’ai jamais oublié la leçon muette qu’il me donna. [...] Après le départ d’Ingres, je me mis à dessiner la rotule, en regardant bien la forme et la manière dont les muscles s’emmanchent. »
Jean-Jacques Henner, 8 janvier 1880
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
La Baigneuse de Valpinçon, 1808, Paris, Musée du Louvre
Henner et la musique
octobre 28, 2009
« Les goûts d’Henner en musique sont analogues par un point à ses goûts en peinture.[…] Il a entendu une fois la Symphonie pastorale; la première partie l’a ravi par ses douces impressions de campagnes, mais le reste lui a paru horriblement long et fatiguant. Notre ami ne comprend pas que l’on puisse écouter sans lassitude toute une symphonie. Il aime la musique très simple. Beethoven est trop compliqué pour lui. Il écoute volontiers quelques petits fragments de Glück, de Haydn, de Lulli, de Rameau. Les complications modernes le déroutent complètement. »
28 novembre 1881 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
L’atelier de Jean-Jacques Henner
octobre 22, 2009
Promenez-vous sur les traces de Jean-Jacques Henner et découvrez, à la place du fameux Folie’s Pigalle, l’atelier de l’artiste au 11, place Pigalle où Manet et Degas le visitaient.
Les choses ont évidemment bien changées, mais avec un peu d’imagination, nous pouvons voir les modèles aller et venir dans cet immeuble de la place Pigalle, les amis et les artistes passer et s’arrêter pour admirer les oeuvres et le fort tempérament de Jean-Jacques Henner.
Faites quelques pas sur la rue Pigalle et imaginez Jean-Jacques Henner rentrer de ses dîners bourgeois, la pipe au bec, enter par cette grande porte au 41, rue La Bruyère.
Pour vous aider, voici quelques images de l’artiste dans son atelier…



© musée national Jean-Jacques Henner











