Sur le portrait de Durand-Gréville

décembre 28, 2011

« Je me suis occupé de la forme; il me semble que j’ai réussi. Le modelé, voilà l’important. Il m’arrive quelque fois de penser à autre chose, par exemple à l’éclat de la peinture; alors, je fais un peu vide ».

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Émile Durand-Gréville, 3 août 1883)

Portrait de Durand-Gréville

 

La mode des artistes pauvres

décembre 12, 2011

Atelier de Jean-Jacques Henner

 

« Il y a de cela vingt-cinq ans. Mme Bouard paya son portrait cinq cent francs, une somme énorme pour moi; je ne savais qu’en faire. Aujourd’hui, les habitudes sont bien changées; en ce temps-là, c’était parmi les artistes la mode d’être pauvre, et on blaguait les peintres qui gagnaient de l’argent, comme Chaplin, par exemple; on les appelait des « bourgeois ».

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 6 février 1885)

A propos des figures souriantes

novembre 18, 2011

Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère.

Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère.

« Je n’aime pas peindre les physionomies souriantes. Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère. Ingres représentait toujours des figures sévères, par exemple les   deux Muses dans l’Apothéose d’Homère. Jules Laurens me disait qu’en les peignant, Ingres avait l’air de faire son propre portrait, et c’est vrai. Les anciens ont fait peu de figures souriantes. Je ne connais guère que la Joconde… ».

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 10 octobre 1879)

Quelques prix de tableaux

octobre 24, 2011

argent

« Henner ne tient guère à l’argent, ni surtout aux jouissances matérielles qu’il procure. […] A  une richissime Américaine, qui voulait une de ses Madeleine, il n’a demandé que 15.000 francs, bien que Mlle X. l’ait engagé à se montrer plus exigeant, dans l’intérêt même de sa réputation aux États-Unis. Depuis, il a vendu, également en Amérique, la Source du dernier Salon, une Nymphe couchée, grandeur demi-nature, 15.000 francs, un petit Paysage sans figure 4.000 francs. Les prix des deux derniers tableaux [...] avaient été fixés par l’acheteur lui-même. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 27 mars 1881)

Au sujet du mariage

octobre 13, 2011

Autoportrait de 1877

Autoportrait de 1877

« …Il faut croire que je n’étais pas fait pour le mariage, puisque je suis resté garçon. Cependant une fois je l’ai échappé de près…Des amis avaient arrangé cela…Mais je n’aurais pas aimé devoir ma fortune à une femme trop riche; il me semble que cela n’aurait pas été convenable et que j’aurais perdu ma dignité. Ensuite je ne vois pas comment, marié, j’aurais pu continuer la peinture. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 29 octobre 1889)

Sur l’Assomption de Prud’Hon

octobre 3, 2011

Pierre-Paul PRUD'HON (1753-1823), L'Assomption de la Vierge, 1819, 216 x 149, Musée du Louvre cm

Pierre-Paul PRUD'HON (1753-1823), L'Assomption de la Vierge, 1819, 216 x 149, Musée du Louvre cm

« C’est une commande. Ce tableau est tout à fait manqué. On ne dirait pas qu’il est de Prud’hon, tant il est mauvais. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 11 janvier 1880, au Louvre)

Au sujet de la marée de Venise

août 6, 2011

Autoportrait de l'artiste

Autoportrait de l'artiste

« J’ai fait une drôle de remarque en travaillant à cette étude. Le premier jour je m’étais installé sur une des marches de l’escalier du premier plan, bien qu’elle fût souillée   d’immondices. Le lendemain, je trouve les marches tout à fait propres. -Est-ce que les voisins auraient nettoyé les marches à mon intention ? pensais-je. Là-dessus, je me place sur la  marche la plus basse et je recommence à travailler ; mais au bout d’une demi-heure, voilà que l’eau envahit cette marche. Je monte un peu plus haut: une demi-heure après, je suis forcé de battre en retraite. C’était la marée ! »…

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 12 novembre 1883)

Sur l’Espagne

août 2, 2011

L'Espagne« Henner a fait un voyage en Espagne. Ses impressions sont très originales.[…] Les paysages    espagnols l’ont frappés plus encore que les peintures. Les régions de la péninsule qu’il a traversées sont desséchées: « C’est un pays féroce,  » dit-il, en appuyant sur l’adjectif pour lui donner encore plus de force. L’intérieur sombre des églises lui a fait une impression profonde; on pourrait dire qu’il a retrouvé dans leur clair-obscur, ponctué de points brillants – dorures d’autels ou flèches de grilles- le type même de ses tableaux, faits de clairs brillants et de fonds sombres. »

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 21 juillet 1883)

La préparation des toiles

juillet 30, 2011

« J’ai toujours préparé les toiles moi-même. Je n’en achète de toutes prêtes que par hasard, quand je suis pressé, par exemple, quand une personne vient poser pour un portrait,    et que je n’ai pas eu le temps de faire ce travail. Voici mon procédé : il est simple, mais exige un tour de main particulier. Des camarades qui m’ont vu à l’œuvre ne sauraient peut-être pas s’en tirer tout seuls. Je cloue la toile sur le châssis; [...] je le tire avec des tenailles, de manière à la tendre également sur les quatre côtés, puis j’étends dessus, avec un pinceau, une couche de colle forte, de la colle que je laisse tremper dans l’eau toute une journée et que je fais ensuite bouillir quand elle est tout à fait amollie. Une fois la colle appliquée sur la toile, j’enlève avec le couteau à palette tout ce que je peux. Il en reste toujours assez pour boucher les trous. Je frotte ensuite l’un contre l’autre deux morceaux de pierre ponce, dont la poussière se répand légèrement et aussi également que possible sur toute la surface de la toile. Cette poussière userait les poils des brosses; aussi le lendemain, quand tout est bien sec, je ponce. C’est une joie de peindre là-dessus et d’y dessiner avec du fusain ou de la craie. Vous ne vous figurez pas le plaisir que je trouve à la besogne, à clouer la toile, à la tendre avec les pinces et tout le reste. Je fais cela mieux que n’importe quel marchand de couleurs. Mais un apprentissage est nécessaire. Une fois, à mes débuts, j’avais mis trop de colle forte   sur la toile. Comme cette colle est cassante, quelques temps après, le tableau que j’avais peint s’est trouvé tout craquelé, et j’ai dû le refaire. »

La préparation de la toile

La préparation de la toile

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Émile Durand-Gréville, 15 décembre 1883)

Henner, « petite main » d’un portraitiste

juillet 26, 2011

Autoportrait d'Henner

Autoportrait d'Henner

Après avoir échoué au Grand Prix de Rome de 1857, Henner se voit privé de la subvention annuelle de cinq cents francs que le Conseil Général du Haut Rhin lui allouait depuis deux ans. Pour renflouer un peu ses maigres économies, il se fait embaucher par un portraitiste. A temps perdu le soir, il travaille donc aux mains, aux vêtements et aux fonds des portraits. Il gagne ainsi de trois à dix francs par jour. Ce travail a pour principaux avantages de lui éviter de se disperser et même de se concentrer sur sa peinture en journée.

(Pierre Alexis Meunier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)

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