Quand Henner rencontre Ingres et lui prend son fauteuil
octobre 23, 2009
Jean-Jacques Henner a beaucoup été influé par l’art d’Ingres lors de ses premières études. Il nous raconte l’émotion qu’il a ressenti lors de la première visite d’Ingres à l’Ecole. Ressentez la passion d’un élève envers son maître, l’enthousiasme et le stresse qu’il a pu ressentir….
« C’était à l’École Il y paraissait très rarement; aussi sa venue était-elle un évènement Quand il parut, tout le monde retint sa respiration et regarda de tous ses yeux: c’était comme si un empereur était entré. Je le vois encore, ce petit homme trapu, vêtu d’une redingote qui lui tombait jusqu’aux pieds. Tout d’un coup, il tendait les deux bras vers le modèle [...]; il avait l’air d’un prêtre qui officie. – « Oh! s’écria-t-il, regardez ce deltoïde ! Regardez comme c’est beau! ». Puis, il se mit à corriger les dessins des élèves. Il commença par l’autre bout; à mesure qu’il approchait de ma place, je me sentais trembler. Enfin, il arriva derrière moi; [...] je n’ai jamais oublié la leçon muette qu’il me donna. [...] Après le départ d’Ingres, je me mis à dessiner la rotule, en regardant bien la forme et la manière dont les muscles s’emmanchent. »
Jean-Jacques Henner, 8 janvier 1880
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Le musée national Jean-Jacques Henner garde en son sein le siège de ce cher grand maître qu’est Jean-Auguste Dominique Ingres..Gardé précisément comme témoin du passage d’un grand homme, on dit même que JJ Henner a récupérer la paletter d’Ingres en plus de son siège….
© musée national Jean-Jacques Henner
Jean-Jacques Henner, une carrière officielle bien remplie
octobre 22, 2009
Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter la carrière officielle et reconnue de Jean-Jacques Henner comme membre du jury du Salon ou encore comme lauréat de 1ers prix d’expositions universelles.
Henner est un lauréat du Prix de Rome qui a toujours été soucieux de mener une brillante carrière officielle, bien que son art et son caractère auraient voulus le contraire. C’est ainsi qu’il a suivi une certaine ligne tracée par l’Académie en exposant chaque année au Salon et en étant membre du jury parmi d’autres artistes de l’époque jugés « académiques ».
La couverture du numéro du 5 mai 1877 de L’Illustration présente en effet Jean-Jacques Henner en tant que membre du jury du Salon 1877 parmi des artistes tels que Bouguereau, Hébert et Gérôme.
Le musée national Jean-Jacques Henner présente ainsi dans ses collections une sélection des œuvres exposées au Salon telles que Joseph Tournois (1865), Alsacienne dite Eugénie Henner en Alsacienne tenant un panier de pommes (1870), Portrait de Mme*** dite La Femme au parapluie (1874), Le Sommeil (1880), Solitude (1886), Saint Sébastien (1888) et Mme Séraphin Henner (1902).
Connu et reconnu à la fin du XIXe siècle, Jean-Jacques Henner a su trouver sa position dans une société bousculée entre l’Académie et le Salon des Refusés, entre les impressionnistes et les académistes. Il a ainsi reçu des prix du Salon tel que le prix de 1er lauréat de l’Exposition Universelle de 1900.
© musée national Jean-Jacques Henner
Paris et la composition
octobre 20, 2009
« Bien des peintres, qui entendent par le mot « composition » l’arrangement de plusieurs personnages, affirment naïvement qu’Henner ignore la composition. Ils croient lui rendre justice en disant : « C’est un peintre de morceau. » Henner : « Paris est peut-être la seule ville du monde où l’on fasse réellement de la peinture, où l’on sache que le mérite d’un tableau ne réside ni dans le choix d’un sujet émouvant ou comique, comme en Allemagne, ni dans la recherche de l’étrangeté des attitudes ou des costumes comme en Angleterre, mais dans le simple et grand parti pris des valeurs, la justesse des lumières et des reflets, la largeur et la solidité du modelé, la simplicité des lignes et des silhouettes. Et pourtant, même à Paris, combien de gens se laissent prendre par le grand nombre des figures d’une composition ! »
Jean-Jacques Henner, 6 février 1885
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Sachez que le seul plus grand tableau composé avec le plus grand nombre de figures que Jean-Jacques Henner a peint est Les Naïades (au musée national Jean-Jacques Henner) :
(C) RMN / Gérard Blot
Quand Henner rencontre Corot
octobre 5, 2009
Cette nouvelle rubrique intitulée « Ses contemporains » vous donnera des indications sur les relations que les artistes avaient entre eux au XIXe siècle…Les lieux de rencontres sont divers : au musée du Louvre la discussion s’élève de suite, au Salon les regards s’échauffent, au théâtre l’art fait place à la mondanité, une vraie relation d’amitié peut aussi se construire. Ils se connaissent tous, se fréquentent plus ou moins, mais quand deux d’entre eux se croisent cela peut donner un lieu commun aussi fort que celui là :
« - Vous avez beaucoup connu Corot ? » « -Non, je ne l’ai vu qu’une seule fois, au théâtre. Un de mes amis, qui le connaissait, me dit : - »Voilà Corot, allons lui parler. » Je refusai; je n’aime pas à m’imposer aux gens. – Mon ami s’en alla seul et je vis qu’il me désignait à Corot. Celui-ci fit mine de venir vers moi. Il se montra très aimable à mon égard et me parle de ma peinture. »
Appartenant à la génération suivante, Henner avait une grande admiration pour l’art Corot dont l’influence peut se sentir dans le traitement du paysage ou le travail de la lumière.
Une discussion bien plus profonde aurait pu avoir lieu..Mais ce ne devait pas être le bon moment..
Lisez plutôt ce que Jean-Jacques Henner disait à propos de Camille Corot à son ami Emile Durand-Gréville en décembre 1878 : « Corot est un des plus grands paysagistes qui aient jamais existé. Il ne s’occupait que des masses, que des valeurs; il peignait des silhouettes. Tout ce qu’il a fait est idéal et a du style comme les anciens; c’est du Virgile tout pur ! »
Extrait des Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
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