A propos des Noces de Cana de Véronèse

octobre 27, 2009

Je ne peux pas m’intéresser à cette grande toile: il y a trop de détails, mon attention se disperse; je n’ai pas d’impression d’ensemble. Aucun détail n’est dessiné ni modelé dans la manière des maîtres; c’est de la peinture décorative.
Jean-Jacques Henner, 22 décembre 1878, au musée du Louvre

Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Si vous souhaitez marcher sur les pas de Jean-Jacques Henner, n’hésitez pas à visiter le musée du Louvre et à (re)découvrir les Noces de Cana de Véronèse (aile Denon, 1er étage, salle de la Joconde, salle 6).

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A propos de l’Antiope d’Antonio ALLEGRI, dit CORRÈGE

octobre 25, 2009

Comme le bleu de la draperie est doux, et le ciel d’un autre bleu plus clair ! Le Corrège n’a jamais employé de noir. Quoi qu’il y ait des parties très sombres dans la draperie et le fond, comme tout cela est blond ! […] Il y a vingt-cinq ans, l’Antiope avait une grande vogue parmi les élèves de l’École. Tout le monde la copiait. J’en ai fait une copie, moi aussi, mais je ne comprenais pas très bien l’admiration des autres. [...] Mais j’ai fini par comprendre tout le charme de cette œuvre, comme qualité de ton, et aussi comme quantité de clairs et d’ombres.
Jean-Jacques Henner, 22 décembre 1878, au musée du Louvre

Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
N’hésitez pas à suivre Jean-Jacques Henner dans ses visites du musée du Louvre et à l’écouter vous murmurer ses critiques devant l’œuvre. Rendez-vous au musée du Louvre dans l’aile Denon, 1er étage, Grande Galerie, salle 8 !

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(c) RMN-C.Jean

Les chairs de Rubens ou le secret des anciens

octobre 12, 2009

« Les chairs de Rubens semblent avoir été peintes tout d’une couleur, avec beaucoup d’huile dans la couleur. Cela n’est pas toujours bien dessiné ni très bien modelé, mais c’est brillant comme une fleur. J’ai essayé de tous les moyens. Quand je peins avec beaucoup d’huile, les tons deviennent tout jaunes; si je me sers du siccatif, cela sèche si vite que l’on ne peut travailler dedans. L’essence ne vaut plus rien non plus; la couleur entre alors dans la toile et devient toute grise. Il faudrait trouver quelque chose que les anciens devaient avoir et que nous ne connaissons plus. »

Jean-Jacques Henner, 11 février 1882

Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

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Rubens, Hélène Fourment, 1630, Kunsthistorisches Museum, Vienna

Hélène Fourment,

La Belle Jardinière de Raphaël

septembre 23, 2009

« Voyez les tons de chair : les deux enfants et la Vierge sont du même ton. Il faut être un grand peintre pour avoir ce parti pris de couleur uniforme, pour employer ce ton simple, des pieds à la tête d’une figure, sans aucune nuance ! Un peintre médiocre aurait mis du rose aux genoux. »

Jean-Jacques Henner, 15 décembre 1878

« Plus je vais, plus j’admire ce tableau. Comment Raphaël parvenait-il à peindre si simplement ? Regardez ces ombres ! Comme elles sont douces, et comme elles passent dans la lumière sans qu’on sache comment ! Regardez cette jambe qui se cache derrière l’autre…Comme les valeurs sont justes !… Il n’y a aucun empâtement. Je crois qu’il devait mettre plus d’huile que nous dans ses couleurs. »

Jean-Jacques Henner, 16 janvier 1881

A propos de la Belle Jardinière de Raphaël – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner. notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)

Raphael_bellejardiniereRaphaël, la Vierge et l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, dite la Belle Jardinière, 1507 ou 1508. Huile sur bois, 122 × 80 cm. Département des peintures, musée du Louvre, Paris.

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