Comment Boilly faisait ses portraits
octobre 27, 2011
« J’ai trouvé un moyen de faire mes portraits plus facilement. Je peins d’abord le vêtement et le fond en laissant la tête dessinée simplement au fusain. Pendant ce temps, j’apprends mon modèle par cœur, et une fois la tête commencée, je l’enlève du premier coup. Cela ressemble un peu à la manière de Boilly. Comme il avait beaucoup de commandes, très souvent de gens de province venus de Paris pour peu de jours et qui n’avaient pas le temps de poser longtemps, il préparait d’avance le fond et le corps; il avait ainsi des maquettes pour toutes les corpulences, pour les gens gros ou maigres. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 14 février 1885)
Quelques prix de tableaux
octobre 24, 2011

« Henner ne tient guère à l’argent, ni surtout aux jouissances matérielles qu’il procure. […] A une richissime Américaine, qui voulait une de ses Madeleine, il n’a demandé que 15.000 francs, bien que Mlle X. l’ait engagé à se montrer plus exigeant, dans l’intérêt même de sa réputation aux États-Unis. Depuis, il a vendu, également en Amérique, la Source du dernier Salon, une Nymphe couchée, grandeur demi-nature, 15.000 francs, un petit Paysage sans figure 4.000 francs. Les prix des deux derniers tableaux [...] avaient été fixés par l’acheteur lui-même. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 27 mars 1881)
Ses coups de coeur : Titien…
octobre 21, 2011
Il est profondément séduit par le Titien. L’amour sacré et l’amour profane a été pour Henner une des toutes premières révélations que devait lui réserver l’Italie.
Ce tableau lui apparait comme « la plus belle chose sous le rapport de la vie » :
« Les chairs sont d’une légèreté et d’une largesse d’exécution telle qu’on a peine à distinguer la moindre accentuation ».
(Pierre Alexis Muenier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)
Ses coups de coeur : Le Caravage…
octobre 18, 2011
« Voilà un homme qui s’il eut été plus distingué, dans son tableau de la « Mise au tombeau », effacerait presque tous les autres. C’est ce que j’ai vu de plus puissant, de plus empoignant ».
(Pierre Alexis Muenier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)
Au sujet du mariage
octobre 13, 2011
« …Il faut croire que je n’étais pas fait pour le mariage, puisque je suis resté garçon. Cependant une fois je l’ai échappé de près…Des amis avaient arrangé cela…Mais je n’aurais pas aimé devoir ma fortune à une femme trop riche; il me semble que cela n’aurait pas été convenable et que j’aurais perdu ma dignité. Ensuite je ne vois pas comment, marié, j’aurais pu continuer la peinture. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 29 octobre 1889)
Sur l’Impératrice Joséphine par Prud’Hon
octobre 10, 2011
« Ce tableau fait tort à tous ceux qui l’entourent. La Baigneuse d’Ingres paraît vide à côté. Le bras est bien modelé, la tête moins bien, à cause de ce reflet qui laisse l’ombre la plus noire au milieu de la joue, de sorte que la joue est coupée en deux ».
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 1er février 1881)
La terre d’Henner…
octobre 6, 2011
Jean-Jacques Henner est né le 5 mars 1829 à Bernwiller, dans le sud de l’Alsace, de parents cultivateurs.
Agé de quinze ans en 1842, il se rend chaque jour au Collège d’Altkirch où il se forme à la peinture. Son frère, Séraphin, le voyant rentrer exténué de sa longue marche à pieds le soir (huit kilomètres séparent la petite vile d’Altkirch de Bernwiller), décide de le mettre en pension chez le boulanger Landwelin.
Pierre Alexis Muenier , dans son ouvrage paru en 1927, La vie et l’art de J.-J. Henner, Peintures et dessins (p.7), consacre un petit paragraphe à la description de la ville d’Altkirch, qu’Henner connaissait bien :
« Aujourd’hui encore, Altkirch est une aimable petite ville groupée autour d’une colline dont elle escalade et recouvre le sommet. La nef et la flèche effilée de son église dominent les pignons élevés et les toits bruns de vastes maisons cossues. En 1844, rien encore, ni fabrique, ni cheminée d’usine, rien ne gâte ici l’harmonie des choses et c’est une douce et charmante image de la vieille Alsace bourgeoise ».
Sur l’Assomption de Prud’Hon
octobre 3, 2011
« C’est une commande. Ce tableau est tout à fait manqué. On ne dirait pas qu’il est de Prud’hon, tant il est mauvais. »
(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 11 janvier 1880, au Louvre)
Henner vu par Rodin
septembre 30, 2011
Voici un extrait des Entretiens avec Rodin par Dujardin-Beaumetz (1913) :
Il importe cependant de faire une exception pour le peintre Henner qui fut parmi les bons artistes de la seconde partie du XIXème siècle, parce que, contrairement à la plupart de ses contemporains, il modelait, non pas des aplats, mais par des rondes bosses.
Si l’on a dit, avec raison, que ses modelés sont trop régulièrement ronds, ils n’en sont pas moins charmants et abondants ; il sut faire tourner, évoluer ses figures dans une lumière sans sécheresses; si ses « Madeleines », ses « Naïades » et ses « Nymphes » gainées dans leurs peaux aux clartés d’ivoire n’offrent rien de ces chars succulentes qui, chez Jordaens, appellent le Faune, elles donnent l’impression d’un épiderme souple, satiné, mobile et cependant résistant.
Son étude patiente des maîtres anciens lui avait fait comprendre combien la ronde bosse remplit le tableau, coordonne le sujet, combien elle ajoute de clarté, de charme, d’intimité, je dirais même de volupté, puisque, par le relief aux nuances infinies, elle montre ou évoque toutes les formes à la fois, fait sentir, comprendre ce qu’elle ne montre pas. L’ombre à la fois mystérieuse et lumineuse, aide à faire tourner le corps humain, contribue à en exprimer la plénitude, l’abondance, la solidité, et à en faire une réalité forte, souple et chaude.
La ronde bosse enfin nous donne le clair-obscur, c’est-à-dire l’épaisseur et la profondeur dans le rayonnement d’une lumière plus ou moins tamisée, mais le faisant sentir sur tous les modelés. Par le clair-obscur, on fouille les plans, et on les rend dans toute leur vérité.
Toutes les écoles anciennes se réclamaient de la ronde bosse; c’est en l’étudiant et en montrant les beautés et les ressources qu’elle donne à l’art du peintre, que Henner est rentré dans la tradition des Maîtres et a mérité sa légitime réputation. C’est à tort qu’on lui a reproché de se répéter; la plupart des artistes se répètent et, que l’on dise une ou cent fois l’expression de la nature en employant la même formule, l’artiste ne l’en a pas moins trouvée le premier.
Legros, qui n’était pas tendre, disait de Henner : « Il ne peint que des mals-blancs; » mais cette critiques aiguë, et même cruelle, contenait aussi la qualité du peintre.
Il est juste de reconnaître la part qu’a eue Henner dans le mouvement d’art contemporain, et ce n’est pas de lui faire un médiocre éloge que de dire que, tout en étant loin de leur fermeté superbe, Henner évoque Prud’hon et même peut-être Vinci.
Henner vu par Elaine Bush
septembre 26, 2011
Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter une belle histoire, celle de Erin Sorensen (qui travaille au musée de Los Angeles, le LACMA) et Elaine Bush, une grand-mère artiste passionnée par la peinture européenne.
Tout de suite, elle a voulu l’envoyer à sa grand-mère pour partager avec elle ce nouveau coup de coeur. Elaine en est aussi tombée amoureuse et a souhaité reproduire le tableau !














