Ses coups de coeur : Le Corrège

novembre 7, 2011

 

Danaë, 1530, huile sur toile, 158 x 189 cm, Gallerie Borghèse de Rome

Danaë, 1530, huile sur toile, 158 x 189 cm, Gallerie Borghèse de Rome

Après avoir examiné avec attention la Danaé du Corrège, Henner note :

« C’est peut-être un peu trop argenté […] mais on ne fera jamais plus gras de modelé et plus fin surtout. C’est exécuté avec un soin tout particulier. On ne sait réellement pas comme cela est fait. Les ombres ont de la consistance, comme si cela avait été peint dans la pâte ».

(Pierre Alexis Muenier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)

Au sujet d’une Madeleine à genoux

octobre 31, 2011

« Vous remarquerez que j’ai mis plus d’ombre que de lumière sur le corps. Seule la poitrine est éclairée. Sentez-vous que cette lumière restreinte joue mieux ? Je n’ai pas mis de ciel non plus, cela détournerait l’attention et diminuerait le charme. J’ai commencé une autre Madeleine comme celle-ci mais plus grande. Je lui mettrai autour des reins au bout d’étoffe vieillie, usée, qui n’aura plus de couleur. Elle ne conservera qu’un peu de bleu, d’un beau bleu, si je puis l’obtenir, dans la partie éclairée qui sera toute petite, et comme une pierre précieuse ».

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 2 mai 1888)

Comment Boilly faisait ses portraits

octobre 27, 2011

Portrait de Jean-Jacques Henner (1899) – Huile sur toile 74 x 61 cm

Portrait de Jean-Jacques Henner (1899) – Huile sur toile 74 x 61 cm

« J’ai trouvé un moyen de faire mes portraits plus facilement. Je peins d’abord le vêtement et le fond en laissant la tête dessinée simplement au fusain. Pendant ce temps, j’apprends mon modèle par cœur, et une fois la tête commencée, je l’enlève du premier coup. Cela ressemble un peu à la manière de Boilly. Comme il avait beaucoup de commandes, très souvent de gens de province venus de Paris pour peu de jours et qui n’avaient pas le temps de poser longtemps, il préparait d’avance le fond et le corps; il avait ainsi des maquettes pour toutes les corpulences, pour les gens gros ou maigres. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 14 février 1885)

Quelques prix de tableaux

octobre 24, 2011

argent

« Henner ne tient guère à l’argent, ni surtout aux jouissances matérielles qu’il procure. […] A  une richissime Américaine, qui voulait une de ses Madeleine, il n’a demandé que 15.000 francs, bien que Mlle X. l’ait engagé à se montrer plus exigeant, dans l’intérêt même de sa réputation aux États-Unis. Depuis, il a vendu, également en Amérique, la Source du dernier Salon, une Nymphe couchée, grandeur demi-nature, 15.000 francs, un petit Paysage sans figure 4.000 francs. Les prix des deux derniers tableaux [...] avaient été fixés par l’acheteur lui-même. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 27 mars 1881)

Ses coups de coeur : Titien…

octobre 21, 2011

Il est profondément séduit par le Titien. L’amour sacré et l’amour profane a été pour Henner une des toutes premières révélations que devait lui réserver l’Italie.

L'Amour sacré et l'Amour profane, 1514, huile sur toile, 118 x 279 cm Gallerie Borhèse, Rome

L'Amour sacré et l'Amour profane, 1514, huile sur toile, 118 x 279 cm Gallerie Borhèse, Rome

Ce tableau lui apparait comme « la plus belle chose sous le rapport de la vie » :

« Les chairs sont d’une légèreté et d’une largesse d’exécution telle qu’on a peine à distinguer la moindre accentuation ».

(Pierre Alexis Muenier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)

Ses coups de coeur : Le Caravage…

octobre 18, 2011

La mise au tombeau, 1602-03, Huile sur toile, 300 x 203 cm Pinacothèque vaticane

La mise au tombeau, 1602-03, Huile sur toile, 300 x 203 cm Pinacothèque vaticane

« Voilà un homme qui s’il eut été plus distingué, dans son tableau de la « Mise au tombeau », effacerait presque tous les autres. C’est ce que j’ai vu de plus puissant, de plus empoignant ».

(Pierre Alexis Muenier, La vie et l’art de Jean-Jacques Henner, peintures et dessins, 1927)

Au sujet du mariage

octobre 13, 2011

Autoportrait de 1877

Autoportrait de 1877

« …Il faut croire que je n’étais pas fait pour le mariage, puisque je suis resté garçon. Cependant une fois je l’ai échappé de près…Des amis avaient arrangé cela…Mais je n’aurais pas aimé devoir ma fortune à une femme trop riche; il me semble que cela n’aurait pas été convenable et que j’aurais perdu ma dignité. Ensuite je ne vois pas comment, marié, j’aurais pu continuer la peinture. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 29 octobre 1889)

Sur l’Impératrice Joséphine par Prud’Hon

octobre 10, 2011

« Ce tableau fait tort à tous ceux qui l’entourent. La Baigneuse d’Ingres paraît vide à côté. Le bras est bien modelé, la tête moins bien, à cause de ce reflet qui laisse l’ombre la plus noire au milieu de la joue, de sorte que la joue est coupée en deux ».

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 1er février 1881)

Prud'hon, L'impératrice Joséphine, 1805, 244 x 179 cm, Musée du Louvre

Prud'hon, L'impératrice Joséphine, 1805, 244 x 179 cm, Musée du Louvre

 

La terre d’Henner…

octobre 6, 2011

Jean-Jacques Henner est né le 5 mars 1829 à Bernwiller, dans le sud de l’Alsace, de parents cultivateurs.

Maison natale de Henner, dans le village de Bernwiller

Maison natale de Henner, dans le village de Bernwiller

Agé de quinze ans en 1842, il se rend chaque jour au Collège d’Altkirch où il se forme à la peinture. Son frère, Séraphin, le voyant rentrer exténué de sa longue marche à pieds le soir (huit kilomètres séparent la petite vile d’Altkirch de Bernwiller), décide de le mettre en pension chez le boulanger Landwelin.

Pierre Alexis Muenier , dans son ouvrage paru en 1927, La vie et l’art de J.-J. Henner, Peintures et dessins (p.7), consacre un petit paragraphe à la description de la ville d’Altkirch, qu’Henner connaissait bien :

« Aujourd’hui encore, Altkirch est une aimable petite ville groupée autour d’une colline dont elle escalade et recouvre le sommet. La nef et la flèche effilée de son église dominent les pignons élevés et les toits bruns de vastes maisons cossues. En 1844, rien encore, ni fabrique, ni cheminée d’usine, rien ne gâte ici l’harmonie des choses et c’est une douce et charmante image de la vieille Alsace bourgeoise ».

Vue d'Altkirch

Vue d'Altkirch

Sur l’Assomption de Prud’Hon

octobre 3, 2011

Pierre-Paul PRUD'HON (1753-1823), L'Assomption de la Vierge, 1819, 216 x 149, Musée du Louvre cm

Pierre-Paul PRUD'HON (1753-1823), L'Assomption de la Vierge, 1819, 216 x 149, Musée du Louvre cm

« C’est une commande. Ce tableau est tout à fait manqué. On ne dirait pas qu’il est de Prud’hon, tant il est mauvais. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 11 janvier 1880, au Louvre)

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