Exposition « De l’impression au rêve »

janvier 28, 2012

A partir du 1er février et jusqu’au 2 juillet 2012, le musée national Jean-Jacques Henner présente sa nouvelle exposition intitulée : « De l’impression au rêve. Paysages de Henner ».

C’est une histoire de paysage, de composition, de personnages, d’univers rêvé…Autour de plus de quatre-vingt-dix peintures et dessins sortis de ses réserves et restaurés, cette exposition nous plongera dans l’univers de l’artiste au fil de ses voyages et des années. De Rome à l’Alsace en passant par la campagne italienne, sa vision onirique transforme la réalité en tableaux dans lesquels on rêve de plonger.

Accompagnés de nus bucoliques, nus idylliques, nymphes et autres naïades ces paysages révèlent cette Alsace perdue qui reste dans son coeur ou encore cette Italie qui l’a tant fasciné.

Autour de l’exposition, le musée national Jean-Jacques Henner vous invite à découvrir l’exposition à travers une visite-conférence d’Isabelle de Lannoy (historienne de l’art, auteur du Catalogue raisonné de Jean-Jacques Henner) le 2 février à 18h30 et le 4 février à 15h.
Vous pourrez aussi découvrir le travail de composition et de construction des oeuvres de Jean-Jacques Henner à travers une installation multimédia où jeu se mêle avec fascination lors de la nocturne du jeudi 1er mars de 18h30 à 20h30. Cette nocturne est organisée en collaboration avec l’agence Mosquito.
La soirée du 5 avril sera musicale au musée Henner avec un concert des étudiants de l’Ecole Normale de Musique de Paris autour des oeuvres de Claude Debussy et d’Arnold Schönberg.
Les enfants pourront aussi apprécier l’exposition autour d’un parcour-atelier présenté les dimanches 18 mars, 15 avril, 20 mai et 17 juin de 15h à 16h30.

Lire sur Jean-Jacques Henner

janvier 25, 2012

L’oeuvre, la vie, le musée de Jean-Jacques Henner vous intéresse ? Voici une sélection d’ouvrages dédiés à l’artiste ou au musée afin que vous aussi, vous puissiez aller fouiller dans ces pages riches de secrets.

L’un des livres les plus répandus sur l’oeuvre et la vie de Jean-Jacques Henner reste le catalogue de l’exposition « Face à l’impressionnisme, Jean-Jacques Henner, le dernier des romantiques, qui a eu lieu au musée de la Vie Romantique (2007).

L’ouvrage de référence sur l’intégralité de l’oeuvre de Jean-Jacques Henner est le « catalogue raisonné de Jean-Jacques Henner » en deux volumes signé par Isabelle de Lannoy (2009).

Le guide de visite du musée national Jean-Jacques Henner sera votre compagnon parfait pour découvrir le musée parisien et avoir une première approche de l’oeuvre et de la vie de l’artiste (2010).

Le catalogue des peintures du musée national Jean-Jacques Henner décrit en détails les différentes périodes de la vie de l’artiste et propose 522 fiches d’oeuvres illustrées (2003).

ET si vous souhaitez découvrir le quotidien de l’artiste, nous vous conseillons de consulter l’ouvrage de 1925 : Entretiens de J. J. Henner. Notes prises par Émile Durand-Gréville après ses conversations avec J.-J. Henner (1878-1888).

Quand Salomé d’Oscar Wilde investit le musée Henner

janvier 10, 2012

Jeudi dernier, le 5 janvier 2012, le musée national Jean-Jacques Henner accueillait les cours du Dr Skechy’s Anti Art School où modèles et dessinateurs se sont évadés dans l’histoire merveilleuse de Salomé d’Ocar Wilde.
Entre Salomé, sa mère Hérodiade et la danse des 7 voiles, les visiteurs ont pu apprécier le temps d’une nocturne un voyage dans une autre époque et en capter l’essence en quelques coups de crayons.
Vous découvrirez en cliquant ici les dessins et croquis déposés au fil des jours. Quelques dessins ont aussi été déposés sur le blog Wild in the Wind.

En attendant, voici quelques images de la soirée..

 

 

A travers le regard de Henner

décembre 14, 2011

Proposant sans cesse de nouvelles expériences de visite et de médiation des oeuvres, les Nocturnes du musée national Jean-Jacques Henner ont encore une fois frappé ! Cette fois-çi, cela se déroulait autour des costumes et de la photographie, le jeudi 1er décembre dernier.


« A travers le regard de Henner  » est une nocturne en collaboration très étroite avec l’atelier de costumes des Vertugadins et le photographe Stéphane Casali.

La mission était simple mais de taille : reproduire les tableaux de Jean-Jacques Henner en photos !

Pour cela, il fallait les costumes figurant sur les cinq tableaux sélectionnés (Italienne tricotant, L’Alsace. Elle attend, l’Hérodiade, La femme au parapluie et la Comtesse Kessler), des modèles ressemblant le plus possible aux modèles de Henner et ensuite un photographe excellent capable de recréer l’atmosphère des tableaux de Henner, entre composition et lumière…


Au final, la nocturne présentait le travail final de ces longs mois de réflexions puis de créations. Les visiteurs étaient ainsi invités à parcourir le musée à la rencontre de ces « tableaux vivants » où les modèles posaient près de la photographie, elle même exposée au pied du tableau. Racontant l’histoire du tableau, les modèles ont su créer un univers autour de leur propre personnage et passionner ainsi les visiteurs. Le plus bouleversant était sans doute la circulation entre la peinture, la photographie et la réalité. Une sorte de jeu des différences a ainsi été lancé, rendant l’expérience entre plus interactive.


Vous étiez là pendant la nocturne du 1er décembre ? Dites nous ce que vous en avez pensé en déposant un commentaire !

 

La mode des artistes pauvres

décembre 12, 2011

Atelier de Jean-Jacques Henner

 

« Il y a de cela vingt-cinq ans. Mme Bouard paya son portrait cinq cent francs, une somme énorme pour moi; je ne savais qu’en faire. Aujourd’hui, les habitudes sont bien changées; en ce temps-là, c’était parmi les artistes la mode d’être pauvre, et on blaguait les peintres qui gagnaient de l’argent, comme Chaplin, par exemple; on les appelait des « bourgeois ».

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 6 février 1885)

Au sujet d’un vitrail de Saint Gervais

novembre 25, 2011

« La couleur est au moins la moitié de la peinture. Depuis quelques temps, je m’intéresse aux vitraux des églises de Paris. Les plus beaux de ton sont antérieurs à la Renaissance. Quelques-uns sont extraordinaires. Un vitrail de Saint-Gervais représente une sainte toute nue, entourée de bêtes féroces, et que des gens regardent. J’ignore quel est en le sujet, mais, comme couleur de chair, le corps de la sainte est d’une beauté inimaginable.[...] Les gens de cette époque ne se doutaient pas qu’ils étaient des coloristes, ils traduisaient leurs impressions, tout bonnement. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 16 novembre 1880)


Henner : ses maîtres…

novembre 22, 2011

Nous parlons souvent d’Henner et sommes amenés à évoquer son maître : Goutzwiller. Il est resté proche de lui durant toute sa vie et ils correspondaient très régulièrement, de sorte que l’œuvre d’Henner est très documentée.

Charles Goutzwiller - Retable d'Issenheim, vers 1866-1875 (photogravure)

Mais que savons-nous de celui qui a formé notre peintre dès son adolescence, au Collège d’Altkirch ?

Goutzwiller  (1819-1900) donnait à Henner son cours préféré :

« Je ne vivais réellement qu’une heure par jour, pendant la leçon de dessin ».

Il se trouve qu’ayant décelé le talent de son jeune élève, il lui donnait des leçons supplémentaires, chaque matin à 6h, chez lui !

« Les écrits que l’autodidacte Charles Goutzwiller a consacré à l’oeuvre de Martin Schongauer et à ses prédécesseurs vers 1875 sont d’une grande importance pour l’histoire de l’art francais. Ils témoignent d’une connaissance précise des recherches en matière d’histoire de l’art aussi bien en France qu’en Allemagne de 1840 à 1870. Dans ses écrits, Goutzwiller est décidé de retirer aux allemands la vie et l’œuvre de Schongauer. Originaire d’Altkirch (1819-1900), Goutzwiller était le maître de dessin de Jean-Jacques Henner, le portraitiste alsacien. Depuis 1855 il occupait le poste de secrétaire en chef de la mairie de Colmar et était un des membres les plus influents de la société Schongauer. Après la guerre de 1870/71 et l’annexion de l’Alsace par les allemands il a quitté son pays natal pour rejoindre Paris où il poursuivit son activité          de graveur et de chercheur en histoire de l’art. Il vécu dans le milieu alsacien de la capitale et resta en contact avec Eugène Müntz dont il illustra l’œuvre sur Raphaël. A la demande de la société Schongaueril reprit ses études sur le musée de Colmar dont il publia les résultats en 1866 et 1867. »

(http://www.randoenalsace.fr/biographies/charles-goutzwiller/ Traduction libre : Martin Schieder : Im Blick des Anderen : die deutsch-französischen Kunstbeziehungen 1945-1959).

Nous savons peu de chose sur ce cher Goutzwiller, mais les quelques éléments dont nous disposons révèlent qu’il était un homme de culture. Il a également été assez honnête et généreux pour envoyer Henner étudier dans l’atelier d’un autre peintre, quand il comprit qu’il ne lui apprendrait désormais plus grand-chose. Dès lors, il eut un rôle important dans la vie d’Henner : il devient l’un de ses plus fervents soutiens, et pour s’en convaincre, il suffit de lire leur riche correspondance. C’est ainsi qu’Henner devint  l’élève de Gabriel Guérin à Strasbourg. Ensuite, grâce à l’aide financière du Conseil général du Haut-Rhin, il poursuit ses études à Paris, à l’École des Beaux-arts et dans les ateliers de Drolling et de Picot.

A propos des figures souriantes

novembre 18, 2011

Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère.

Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère.

« Je n’aime pas peindre les physionomies souriantes. Une figure un peu sauvage a plus de grandeur et de caractère. Ingres représentait toujours des figures sévères, par exemple les   deux Muses dans l’Apothéose d’Homère. Jules Laurens me disait qu’en les peignant, Ingres avait l’air de faire son propre portrait, et c’est vrai. Les anciens ont fait peu de figures souriantes. Je ne connais guère que la Joconde… ».

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 10 octobre 1879)

Henner copiste… de Carpaccio

novembre 15, 2011

En tant que coloriste, Henner ne pouvait pas rester insensible à la peinture de tradition vénitienne.

Carpaccio, Le retour des ambassadeurs,  épisode de la vie de Sainte Ursule, détail, 1495-1500, 297x527 cm (Venise)

Carpaccio, Le retour des ambassadeurs, épisode de la vie de Sainte Ursule, détail, 1495-1500, 297x527 cm (Venise)

 

Jean-Jacques Henner, Le retour des ambassadeurs,  épisode de la vie de Sainte Ursule, copie d’un détail d’après Carpaccio, 1860, 225x32 cm (Paris)

Jean-Jacques Henner, Le retour des ambassadeurs, épisode de la vie de Sainte Ursule, copie d’un détail d’après Carpaccio, 1860, 225x32 cm (Paris)

Il avait l’habitude de commenter ses impressions dans un carnet. Au sujet de la peinture de Carpaccio, on peut lire le paragraphe suivant :

« Venise, Capraccio, extraordinaire de couleur, de vigueur, de simplicité, de nature, de naïveté. La nature prise sur le fait. Beaucoup de draperies noires, chaudes, tirant sur le vert, des bleus verdâtres d’une richesse inouïe. Les glacis jouent un très grand rôle dans tout cela. Les draperies rouges sont admirables et bien accompagnées des verts avec les noirs. Les noirs tirent presque tous un peu sur le vert. Les figures se détachent sur le fond, ou les unes sur les autres de la manière la plus simple sans noir du coté de la lumière ni rien. Beaux fonds de maisons en silhouette avec des arbres. Beaucoup de cheveux blonds et bouclés. Les têtes, les mains, tout d’un seul beau ton blond. Bonnet noir avec des cheveux extrêmement blonds. Doublure rouge, ornement blanc sur l’étoffe… ».

(Extraits de Jean-Jacques Henner, La jeunesse d’un peintre, de 1847 à 1864, Musée des Beaux-arts de Mulhouse, Editions du Rhin).

Henner portraitiste… sa mère priant devant le corps de sa soeur Madeleine

novembre 10, 2011

 

Madeleine Henner, sœur de l’artiste, pendant sa maladie, 1852, 215x27 cm

Madeleine Henner, sœur de l’artiste, pendant sa maladie, 1852, 215x27 cm

Madeleine Henner, sœur de l’artiste, sur son lit de mort, 1852, 215x27 cm

Madeleine Henner, sœur de l’artiste, sur son lit de mort, 1852, 215x27 cm

« Ces deux peintures de petites dimensions sont empreintes de l’émotion très forte  du jeune homme devant la souffrance d’un de ses proches : défigurée par la maladie, la tête de sa sœur, dont la couleur verte se reflète dans les plis des draps, apparaît seule, presque disproportionnée, au milieu de l’oreiller ».

Cette peinture au croisement du thème du portrait, mortuaire qui plus est, et de la scène de genre a une histoire aussi originale qu’émouvante.

C’est à partir de ces deux portraits qu’Henner compose une scène de genre reconstituant l’événement familial quatre ans plus tard.

La mère de l’artiste priant devant le corps de sa fille Madeleine, 1856, 465x68 cm

La mère de l’artiste priant devant le corps de sa fille Madeleine, 1856, 465x68 cm

Henner écrit ces quelques mots en 1857 :

« Le sujet est connu : vous voyez une mère qui pleure sa fille. Cette peinture m’est d’autant plus précieuse qu’elle représente ma sœur morte avec ma mère qui a posé quelques jours avant sa maladie. Elles sont toutes les deux très ressemblantes… »
(Extraits de Jean-Jacques Henner, La jeunesse d’un peintre, de 1847 à 1864, Musée des Beaux-arts de Mulhouse, Editions du Rhin).

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