Sur le portrait de Durand-Gréville

décembre 28, 2011

« Je me suis occupé de la forme; il me semble que j’ai réussi. Le modelé, voilà l’important. Il m’arrive quelque fois de penser à autre chose, par exemple à l’éclat de la peinture; alors, je fais un peu vide ».

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Émile Durand-Gréville, 3 août 1883)

Portrait de Durand-Gréville

 

Au sujet d’une biblis

décembre 20, 2011

« Elle a bien l’air d’être tombée là de désespoir, n’est-ce pas, avec les mains en avant et les cheveux qui suivent la ligne du corps ? Ce qui lui donne du charme, c’est que la ligne d’en bas est toute droite, sans être coupée par rien. Voyez plutôt cette nymphe que j’ai peinte en 1862 ; la jambe gauche repliée lui donne un air tortillé. Mon ancienne Biblis manque également d’assiette, et le paysage qui l’encadre ne vaut pas celui-ci. Autrefois, je ne savais pas arranger un paysage; j’y mettais un peu de tout, beaucoup trop de détails. Depuis quatre ou cinq ans seulement, je commence à savoir combiner un paysage. »

(Entretiens de Jean-Jacques Henner par Emile Durand-Gréville, 29 mai 1880)


A travers le regard de Henner

décembre 14, 2011

Proposant sans cesse de nouvelles expériences de visite et de médiation des oeuvres, les Nocturnes du musée national Jean-Jacques Henner ont encore une fois frappé ! Cette fois-çi, cela se déroulait autour des costumes et de la photographie, le jeudi 1er décembre dernier.


« A travers le regard de Henner  » est une nocturne en collaboration très étroite avec l’atelier de costumes des Vertugadins et le photographe Stéphane Casali.

La mission était simple mais de taille : reproduire les tableaux de Jean-Jacques Henner en photos !

Pour cela, il fallait les costumes figurant sur les cinq tableaux sélectionnés (Italienne tricotant, L’Alsace. Elle attend, l’Hérodiade, La femme au parapluie et la Comtesse Kessler), des modèles ressemblant le plus possible aux modèles de Henner et ensuite un photographe excellent capable de recréer l’atmosphère des tableaux de Henner, entre composition et lumière…


Au final, la nocturne présentait le travail final de ces longs mois de réflexions puis de créations. Les visiteurs étaient ainsi invités à parcourir le musée à la rencontre de ces « tableaux vivants » où les modèles posaient près de la photographie, elle même exposée au pied du tableau. Racontant l’histoire du tableau, les modèles ont su créer un univers autour de leur propre personnage et passionner ainsi les visiteurs. Le plus bouleversant était sans doute la circulation entre la peinture, la photographie et la réalité. Une sorte de jeu des différences a ainsi été lancé, rendant l’expérience entre plus interactive.


Vous étiez là pendant la nocturne du 1er décembre ? Dites nous ce que vous en avez pensé en déposant un commentaire !

 

La mode des artistes pauvres

décembre 12, 2011

Atelier de Jean-Jacques Henner

 

« Il y a de cela vingt-cinq ans. Mme Bouard paya son portrait cinq cent francs, une somme énorme pour moi; je ne savais qu’en faire. Aujourd’hui, les habitudes sont bien changées; en ce temps-là, c’était parmi les artistes la mode d’être pauvre, et on blaguait les peintres qui gagnaient de l’argent, comme Chaplin, par exemple; on les appelait des « bourgeois ».

(Entretiens de JJ Henner par Emile Durand-Gréville, 6 février 1885)