Les italiennes vues par Henner

mars 31, 2010 · Print This Article

C’est en 1858 que Jean-Jacques Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec « Adam et Ève trouvant le corps d’Abel ». Les lauréats partaient séjourner cinq années à la Villa Médicis à Rome, voulant capter l’essence de l’Italie, Henner part alors pour un long voyage à travers les villes et les contrées où il y découvre les beautés de ce pays et ses habitants.

En janvier 1862, l’artiste écrit à son frère Grégoire :

  • « Comparativement à l’Italie, il me semble que les autres pays doivent être affreux, tristes et insignifiants, encore plus par les populations, que par le pays même. Ici, à Rome, on dirait que la nature s’est plu à réunir tout ce qui peut réjouir un artiste : la campagne, les montagnes, la végétation, le ciel, les habitants, les costumes, en un mot tout. »
  • On comprend vite en lisant ses correspondances, qu’il s’éprend des paysages italiens, mais aussi des italiennes.

    Dans la lettre de Henner à Grégoire Rome (12 mars 1859), il décrit ce qu’il voit et vit:

  • « En ce moment, je peins des costumes italiens et des paysages, car ils sont bien beaux dans ce pays-ci. [...] Nous avons tous ici de petits manteaux qu’on jette sur l’épaule, comme tous les Italiens en portent, même au milieu de l’été. [...] J’ai déjà plusieurs jolies études de femmes, c’est charmant, cette nature, tu n’en as aucune idée! et les femmes n’ont pas cet air effronté comme en France. Dans n’importe quelle tenue elles sont bien.»
  • Italiennes tricotant RMN F Raux@RMN/F Raux

    Journal de Henner, 19 juin 1860:

  • « [à Otricoli] J’ai essayé de faire un petit croquis à peine avais-je commencé que la jeune fille revient avec une de ses amies dépose son linge, et vient se mettre avec sa camarade juste à l’endroit intéressant à côté de la fontaine et elles se mettent à poser comme des modèles en me regardant; elle prenait même une pose assez gracieuse, du reste elle est si jolie, elle s’appuyait sur une grosse pierre et se tenait d’une manière non galante, c’était un vrai tableau à peindre »
  • Lettre de Henner à Mme Clavé, Rome, non datée [1860] :

  • « Santa Maria in Trastevere est toujours une de mes passions, je me suis fait mettre à la porte par un gros curé, parce que je dessinais des croquis pendant l’instruction des jeunes filles. Vous n’avez jamais rien vu comme cela, à peu très 200 trasteverines, belles avec des cheveux et des yeux il faut voir et elles vous regardent. Les plus grandes font l’instruction aux jeunes filles et les curés ne font que se promener. »
  • trastevere MNJJH@MNJJH

    Si vous souhaitez des informations supplémentaires sur le Grand Prix de Rome, je vous conseille de visiter ce site internet : http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/dap/afr/html/histor.htm Ainsi que le site de la Villa Médicis : http://www.villamedici.it/.

    jardin villa médicis RMN frank raux@RMN/F Raux

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