Vues du musée avant réouverture
octobre 29, 2009
La réouverture se fera jeudi prochain (le 5 novembre pour le vernissage et le 7 novembre au public) mais en attendant, voici quelques photos du musée pour les plus curieux et surtout pour vous aider à patienter !
Henner et la musique
octobre 28, 2009
« Les goûts d’Henner en musique sont analogues par un point à ses goûts en peinture.[…] Il a entendu une fois la Symphonie pastorale; la première partie l’a ravi par ses douces impressions de campagnes, mais le reste lui a paru horriblement long et fatiguant. Notre ami ne comprend pas que l’on puisse écouter sans lassitude toute une symphonie. Il aime la musique très simple. Beethoven est trop compliqué pour lui. Il écoute volontiers quelques petits fragments de Glück, de Haydn, de Lulli, de Rameau. Les complications modernes le déroutent complètement. »
28 novembre 1881 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Armand Silvestre
octobre 28, 2009
Par leur essence, leur pureté ou par ce qu’elles représentaient, les oeuvres de Jean-Jacques Henner ont inspirées plus d’un artiste…
Cette section « Henner vu par » vous dévoilera les poèmes, chansons ou chefs d’oeuvre qui en sont inspirés, mais aussi des artistes ou amateurs d’art de notre époque qui s’inspirent toujours autant des oeuvres d’Henner. Commençons aujourd’hui par un poème d’Armand Silvestre autour des Naiades, datant de 1878 :
Les Naïades d’Henner
Au bord de l’eau qui rêve et sous le ciel qui dort,
à l’urne des forêts buvant l’ombre épanchée,
Les Naïades en chœur, troupe aux mortels cachée,
tordent au vent léger leurs chevelures d’or.
À les voir l’eau sourit et le ciel se recueille,
sentant, d’un jour nouveau s’emplir leur double azur
Dans les yeux doux et clairs des filles au front pur ;
L’enchantement des bois sur leurs têtes s’effeuille.
De leur fière beauté mesurant les accords,
Comme pris du remords de la fuite éternelle, -
Le Temps, sur leur repos, laisse planer son aile ;
L’air vibrant s’allanguit [sic] au toucher de leur corps.
Des monts échevelés au vallon revenues,
Elles ont recherché la fraîcheur des gazons
et la divine clarté des jeunes frondaisons
Qui tendent des baisers à leurs épaules nues.
Le paysage est doux, voluptueux, aimant
et d’adorations timides les effleure.
La Nature est plus tendre aux lieux où l’onde pleure,
Où descend le regard ami du firmament ;
Et le corps de la femme est fait pour les tendresses
de tout ce qui respire et meurt sur son chemin ;
Le fruit naît pour sa bouche et la fleur pour sa main,
Pour elle la Mort a d’immortelles caresses !
Ces arbres crouleront ; ce flot silencieux
sèchera sous le vent ; – ici bas tout s’efface.
Seules, au seuil des ans, demeurent face à face
La beauté de la femme et la clarté des Cieux !
Voilà pourquoi fuyant l’ombre opaque et la source
Qu’un mystère de fleurs cède aux yeux du soleil
Les Naïades en chœur ont arrêté leur course
sur ce tertre où parfois descend l’astre vermeil.
Sur l’herbe tiède encor des baisers de l’aurôre [sic],
leur chair divine vient rayonner à son tour
Et son éclat vivant, après l’éclat du jour,
Illumine les bois, l’air et le flot sonore.
Et, tout à coup, soufflant dans les roseaux tremblant,
à travers les taillis, sur l’onde qui s’enchante,
Du Dieu Pan rajeuni l’ame [sic] s’éveille et chante
l’immortelle beauté des Vierges aux cous blancs.
Mai 1878. Armand Silvestre
A propos des Noces de Cana de Véronèse
octobre 27, 2009
Je ne peux pas m’intéresser à cette grande toile: il y a trop de détails, mon attention se disperse; je n’ai pas d’impression d’ensemble. Aucun détail n’est dessiné ni modelé dans la manière des maîtres; c’est de la peinture décorative.
Jean-Jacques Henner, 22 décembre 1878, au musée du Louvre
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Si vous souhaitez marcher sur les pas de Jean-Jacques Henner, n’hésitez pas à visiter le musée du Louvre et à (re)découvrir les Noces de Cana de Véronèse (aile Denon, 1er étage, salle de la Joconde, salle 6).
L’Alsace. Elle Attend.
octobre 26, 2009
Après l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871, Henner opte pour la nationalité française tout en gardant ce lien fort et éternel inaltérable qu’il a crée avec l’Alsace, cette région où il retourne chaque année entre août et octobre.
« Son tableau le plus célèbre, L’Alsace. Elle attend, est une commande de dames de Thann, faite à l’initiative d’Eugénie Kestner, la femme d’un industriel de Thann dont la fille Céline épousera Auguste Scheurer-Kestner, célèbre défenseur du capitaine Dreyfus. Le tableau est offert à Léon Gambetta (1838-1882) qui le fait graver par Léopold Flameng pour en assurer une large diffusion. Gambetta est alors un des plus farouches opposants à l’abandon de l’Alsace-Lorraine au nouvel Empire allemand à la suite de la guerre de 1870. D’après Jules-Antoine Castagnary, Gambetta montrait à ses visiteurs le tableau en disant : « C’est ma fiancée ! » (Le Siècle, 31 juillet 1871.)»
Extrait du guide du visiteur du musée.
Lisez plutôt le commentaire de Jules-Antoine Castagnary qui décrit bien la force de ce tableau et son importance qu’il a eu pour Jean-Jacques Henner :
« Il était Alsacien. Il avait connu le pas lourd des armées piétiner la poitrine de son pays. Il avait ressenti, jusqu’à en être brisé, les effarements de l’invasion et les affres de la défaite […] C’est tout son cœur qui a parlé dans cette œuvre gracieuse et pure » (Le Siècle, 31 juillet 1871.)
© musée national Jean-Jacques Henner
A propos de l’Antiope d’Antonio ALLEGRI, dit CORRÈGE
octobre 25, 2009
Comme le bleu de la draperie est doux, et le ciel d’un autre bleu plus clair ! Le Corrège n’a jamais employé de noir. Quoi qu’il y ait des parties très sombres dans la draperie et le fond, comme tout cela est blond ! […] Il y a vingt-cinq ans, l’Antiope avait une grande vogue parmi les élèves de l’École. Tout le monde la copiait. J’en ai fait une copie, moi aussi, mais je ne comprenais pas très bien l’admiration des autres. [...] Mais j’ai fini par comprendre tout le charme de cette œuvre, comme qualité de ton, et aussi comme quantité de clairs et d’ombres.
Jean-Jacques Henner, 22 décembre 1878, au musée du Louvre
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
N’hésitez pas à suivre Jean-Jacques Henner dans ses visites du musée du Louvre et à l’écouter vous murmurer ses critiques devant l’œuvre. Rendez-vous au musée du Louvre dans l’aile Denon, 1er étage, Grande Galerie, salle 8 !
(c) RMN-C.Jean
Quand une femme s’endort…
octobre 24, 2009
Mon modèle s’était endormi pendant un repos. Elle avait chaud, et une rougeur délicate envahissait le bas de sa joue. C’était si joli, que je pris tout doucement une petite toile, et que je me suis mis à la peindre. En une demi-heure toute la figure était modelée. C’est plus poussé que ce que je fais ordinairement. On sent que la lumière tombe à plat sur le dessous du menton, et qu’elle glisse le long de la joue. Cette tête dort bien, n’est ce pas ? Je lui ai laissé la bouche ouverte, comme je l’avais devant les yeux. Le trou noir de la bouche et le dessous de la lèvre supérieure, éclairé en plein, m’ont paru drôles.
Jean-Jacques Henner, 19 mars 1879
Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Le Sommeil par Jean-Jacques Henner
© musée national Jean-Jacques Henner
Bernwiller, le pays de toutes ses inspirations
octobre 23, 2009
Pour mieux comprendre Jean-Jacques Henner, il faut connaître son pays d’origine, le paysage dans lequel ses premières impressions et émotions ont vues le jour.
Né en 1829 à Bernwiller dans le Sundgau, à quelques dizaines de kilomètres de Mulhouse, Jean-Jacques est le sixième et dernier enfant d’une famille de cultivateurs. Les paysages de sa chère région ont fortement marqué les fonds des œuvres de Jean-Jacques Henner, on dit même (c’est vrai, généralement entre août et octobre, c’est marqué dans ses agendas) qu’il partait dans sa région des mois durant pour se replonger dans la nature et créer des paysages dans lesquels il plaçait ensuite des nymphes ou des naïades, créatures qu’il n’a sûrement jamais croisées en Alsace !
Léonce Bénédite dans La Gazette des Beaux-Arts (1er janvier 1906) en parle :
« Cet amour du pays natal porte sa trace dans son œuvre. Car on ne se doute guère que les simples et grandioses paysages qui enveloppent ses bucoliques sont empruntés aux environs de Bernwiller. »

© musée national Jean-Jacques Henner
L’affiche officielle
octobre 23, 2009
Nous sommes à quelques pas de la réouverture du musée national Jean-Jacques Henner. J’aimerais donc vous faire découvrir l’affiche qui décorera bientôt les couloirs du métro parisien et le visuel officiel de toute notre campagne : L’Hérodiade. Sulfureuse et pourtant femme très moderne, cette affiche pose un nouveau regard sur les oeuvres de Jean-Jacques Henner.
Bientôt un article sur cette belle aux courbes voluptueuses sur Henner intime !
Juana Romani en liseuse
octobre 23, 2009
« Très paresseuse pour poser quand elle [Juana Romani] n’est pas en train, et grande dévoreuse de livres. Un jour qu’Henner avait commencé une figure nue d’après elle, pendant un repos elle prit un livre, et s’obstina à lire au lieu de reprendre la pose. En vain le maître la rappelait à l’ordre ; alors elle levait légèrement la tête, regardait le peintre de ses grands yeux bruns, puis se remettait à lire ! « Ne bougez pas, » lui dit-il tout à coup à un moment où elle regardait ainsi de bas en haut, le front et les yeux à moitié plongés dans l’ombre portée par ses cheveux roux en désordre.
5 juillet 1884 – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Nous avons retrouvé une esquisse d’une liseuse dans les réserves du musée…Non datée et sans aucune indication concernant la modèle, cette esquisse pourrait cependant s’apparenter aisément au dessin décrit ci-dessus :








