La Belle Jardinière de Raphaël
septembre 23, 2009
« Voyez les tons de chair : les deux enfants et la Vierge sont du même ton. Il faut être un grand peintre pour avoir ce parti pris de couleur uniforme, pour employer ce ton simple, des pieds à la tête d’une figure, sans aucune nuance ! Un peintre médiocre aurait mis du rose aux genoux. »
Jean-Jacques Henner, 15 décembre 1878
« Plus je vais, plus j’admire ce tableau. Comment Raphaël parvenait-il à peindre si simplement ? Regardez ces ombres ! Comme elles sont douces, et comme elles passent dans la lumière sans qu’on sache comment ! Regardez cette jambe qui se cache derrière l’autre…Comme les valeurs sont justes !… Il n’y a aucun empâtement. Je crois qu’il devait mettre plus d’huile que nous dans ses couleurs. »
Jean-Jacques Henner, 16 janvier 1881
A propos de la Belle Jardinière de Raphaël – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner. notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Raphaël, la Vierge et l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, dite la Belle Jardinière, 1507 ou 1508. Huile sur bois, 122 × 80 cm. Département des peintures, musée du Louvre, Paris.
Les cigognes d’Henner
septembre 18, 2009
Connue par tous, symbole de l’Alsace, le pays natal de Jean-Jacques Henner auquel il fut tant attaché tout au long de sa vie, la cigognes blanche est une espèce en voie de disparition aujourd’hui. Mais à l’époque, Jean-Jacques Henner passait volontiers des heures en leur compagnie à leur donner à manger. Leur silence royal faisait-il leur force et leur beauté aux yeux de Jean-Jacques Henner, à moins que ce ne soit leur rareté ou leur blancheur immaculée… Quoi qu’il en soit, voici une photographie de Jean-Jacques Henner bien accompagné.
La Liseuse croquée
septembre 18, 2009
Ridicules, déplaisantes, déconcertantes ou amusantes, les caricatures du XIXe siècle sont le meilleur moyen de critiquer une personnalité et surtout d’en parler. Outre les fameuses caricatures de Daumier, les plus connues du grand public actuellement, ou de Plantu pour parler contemporain, ces dessins humoristiques existent depuis bien plus longtemps que le siècle dernier. L’antiquité fût la première victime de cet humour satirique et décalé qui nous fait tant rire…Grotesques, dessins, les mots ont changés mais l’humour reste toujours égal à lui-même..
Jean-Jacques Henner, cet alsacien au fort accent qui a eu cette manie de peindre des femmes voluptueuses tout au long de sa vie, fût le sujet d’un nombre incalculable de caricatures..Lui ou ses oeuvres, tous les sujets sont bons pour les meilleurs journalistes satiriques..Cet article est le début d’une longue série de publication des meilleurs dessins de l’époque..
Commençons avec la caricature d’une des oeuvres les plus connu aujourd’hui : La femme qui lit, dite la Liseuse (musée d’Orsay) :
© musée national Jean-Jacques Henner
Le musée juste avant les travaux
septembre 17, 2009
Fermé depuis 2001 où de simples travaux de réfection du sol ont permis de mettre à jour une mosaïque, datée de 1878, appartenant à l’ancien jardin d’hiver, de l’hôtel particulier de Guillaume Dubufe, le musée prévoit sa réouverture en novembre prochain.
En attendant, je vous invite à découvrir les coulisses de ces grands travaux qui ont débuté en 2001-2002 avec une
véritable opération de rénovation initiée par de travaux de peinture et d’éclairage au 1erétage.
Le musée a ensuite été fermé courant 2005 afin de permettre la préparation d’une campagne de travaux concernant l’ensemble du bâtiment. Celle-ci s’est déroulée entre janvier 2008 et juillet 2009…
Mais avant tous ces travaux, à quoi ressemblait le musée ? Certains s’en souviennent peut-être comme un petit musée monographique assez peu lumineux et très poussiéreux..Voici quelques images pour vous redonner la mémoire ou assouvir la curiosité des autres !
La Petite Idylle
septembre 9, 2009
« J’ai refait la figure gauche, avant-hier. Figurez-vous ce qu’il m’est arrivé. J’avais effacé la figure, quand je reçois une lettre de M. Cochery me demandant s’il peut faire prendre son tableau ! Je lui ai écrit d’attendre le lendemain, sans savoir ce que je faisais, je n’avais pas le temps d’y réfléchir ! Il fallait se mettre à la besogne. J’ai recommencé la figure trois ou quatre fois, ça ne marchait pas ! Je faisais toujours petit, avec trop de détails, je travaillais par petits morceaux. Enfin, j’ai pris la résolution de ne placer que les grandes masses, les blancs et les noirs, et rien de plus ! Et ma figure s’est trouvée faite ! [...] L’essentiel, c’est de faire simple, et d’indiquer seulement les grands clairs et les grands ombres qui donnent le mouvement. »
Jean-Jacques Henner, 25 février 1879
A propos de la Petite Idylle achetée par M. Cochery – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner. notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
Lancement du site Henner intime
septembre 8, 2009
Pour diffuser toutes les informations non-officielles autour de Jean-Jacques Henner, le musée national, qui prépare actuellement sa réouverture en novembre prochain, vous dévoile tous les secrets et détails croustillants autour de la vie et de l’art de l’artiste.
Pour mieux connaître ses oeuvres, sa vie et sa personnalité, suivez au quotidien les recherches que nous faisons dans les archives documentaires du musée pour vous présenter Jean-Jacques Henner comme vous ne l’avez jamais vu !
Pour plus d’informations à propos du site Henner intime, rendez vous sur la page A propos
Pour plus d’informations sur le musée national Jean-Jacques Henner, rendez vous sur la page Le musée
Pour plus d’informations sur l’artiste, rendez vous sur la page Biographie
© Musée national JJ Henner / RMN
Italiennes ou parisiennes ?
septembre 8, 2009
Quand Jean-Jacques Henner compare les jeunes femmes italiennes aux parisiennes…
« Les femmes ici sont généralement très belles, un peu lourdes; elles sont tranquilles et non pas bavardes comme en France. Elles n’ont pas le goût de la toilette, toutes sont en cheveux. [...] C’est malheureux que beau peuple soit si mal gouverné, il est vrai que s’il était bien gouverné il deviendrait comme les autres nations. Il s’occuperait d’industrie, perdrait tous ses préjugés, ces restes de l’antiquité qui ont tant de poésie; car ils ont encore toutes les habitudes antiques: on voit que la civilisation moderne n’a pas encore assez pénétré ici. Les femmes ont des bijoux longs comme la main aux oreilles: elles sont primitives comme de vraies paysannes: quelle différence avec ces rusées femmes de Paris.»
(Lettre de Henner à Grégoire, Rome, 16 mai 1859)
Étude pour le portrait de Mademoiselle Gadiffet-Caillard – Jean-Jacques Henner (musée des Beaux-Arts de Rennes) (c)RMN
L’Andromède
septembre 7, 2009
« Je suis assez content de l’arrangement. Les cheveux, épais comme un vêtement, se détachent en sombre sur le ciel, ce qui n’est pas banal. Le rocher sera noir, très noir. Je cherche ma couleur pour faire les creux sombres du rocher. Il faut que ce soit noir, tout à fait noir. L’année dernière au Tréport, j’ai vu un rocher comme cela; il était vert bouteille, d’un ton intense extraordinaire. J’ai observé cela dans les rochers mouillés que l’eau recouvre tous les jours : ils sont d’un superbe ton noir. »
Jean-Jacques Henner, 25 février 1879
A propos de son Andromède – Extrait de Entretiens de J.-J. Henner. notes prises par Émile Durand-Gréville (1925)
© Musée national JJ Henner / RMN






